(Ottawa) Le Canada travaillera avec ses alliés pour riposter contre les cyberattaques venant de l’étranger et en faire payer le prix à ceux qui les commettent, ont indiqué des conseillers du premier ministre Justin Trudeau.

Jim Bronskill
La Presse canadienne

« Les cyberactes malveillants parrainés par des États affectent la sécurité nationale et la prospérité économique, indique une note d’information transmise à M. Trudeau. Pour faire face à ces menaces, il faut à la fois une meilleure sécurité au pays et des actions internationales coordonnées. »

La note, obtenue par la Presse canadienne en vertu de la Loi sur l’accès à l’information, fait partie des documents remis à M. Trudeau pour l’aider à préparer son deuxième mandat à la suite de la victoire libérale aux élections d’octobre.

Plusieurs passages jugés trop sensibles pour être divulgués ont été occultés du document.

La note d’information souligne la menace pour le Canada d’un nouveau champ de bataille virtuel encore flou.

Le Centre canadien pour la cybersécurité, une agence fédérale qui surveille les menaces potentielles surgissant en ligne, a déjà lancé une mise en garde contre des acteurs parrainés par des États malveillants, qui peuvent mener des opérations sophistiquées visant à influencer la population en se faisant passer pour des gens ordinaires.

Les agents étrangers créent des comptes sur les réseaux sociaux ou détournent des profils déjà existants. Ils mettent même sur pied de véritables « agences de trolls » dont le rôle est d’écrire des commentaires sur les sites internet des médias traditionnels, les réseaux sociaux et partout où ils peuvent atteindre leur public-cible, a signalé le Centre dans un rapport publié en décembre 2018.

Selon la note transmise à M. Trudeau, le Canada est bien placé pour aider à façonner un cadre stratégique international pour le cyberespace et à promouvoir ses intérêts mondiaux de paix et de sécurité.

Le Canada a poursuivi une stratégie à deux volets : mettre au point et promouvoir une compréhension universelle du comportement approprié de l’État dans le cyberespace et aider à former des mécanismes coordonnés entre des pays aux vues similaires pour demander des comptes aux acteurs malveillants.

« Les règles et les normes dans le cyberespace sont essentielles, mais elles doivent être complétées par des mesures pour imposer des coûts aux acteurs hostiles », souligne la note.

Ces règles doivent s’appliquer en cas de cyberattaques, qu’elles soient interdites en vertu du droit international, inacceptables en vertu des normes non contraignantes ou si elles sont considérées comme une menace à la sécurité ou aux intérêts du Canada.

« Le Canada et ses alliés considèrent les cyberactes malveillants comme une menace majeure et croient que les acteurs malveillants ne changeront leur comportement que si les coûts l’emportent sur les avantages. »