Dans les conditions optimales, Stadia, la plateforme infonuagique de jeu vidéo de Google, est époustouflante, permettant de passer de la télévision à un ordinateur, une tablette ou un téléphone. Mais voilà, les conditions ne sont pas toujours optimales dans la vie. Équipez-vous en conséquence.

Karim Benessaieh Karim Benessaieh
La Presse

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L’installation de Stadia est un peu plus compliquée que le branchement d’une console, mais elle s’est effectuée assez rapidement et sans bogue dans notre cas. Une fois abonné, vous recevez votre contrôleur Stadia et un Chromecast, une rondelle qui se branche dans une entrée HDMI de votre téléviseur.

Après quelques minutes de configuration des deux appareils, vous voilà prêt à jouer sur la télévision. Google vous recommande une vitesse internet d’au moins 10 Mbps, 35 si vous souhaitez du 4K.

L’utilisation du Chromecast est pour le moment la seule façon d’utiliser sans fil votre contrôleur. Vous pouvez également brancher avec un câble USB votre manette Google à un téléphone ou une tablette Pixel, ou à un ordinateur qui a le navigateur Chrome.

Dès l’inscription, vous avez accès à au moins deux jeux gratuits, Destiny 2 et Samurai Shodown, et parfois certains autres – la liste varie de mois en mois. Les autres jeux doivent être achetés.

Assez d’introduction, entrons dans le vif du sujet. Ça fonctionne, Stadia ? Ça dépend. Commençons ici par ce qui a été un succès.

Notre premier test a été effectué avec un téléphone Pixel 3a, monté sur un support fourni par Google et connecté par câble au contrôleur. Qualité impeccable, image fluide et pas de latence anormale. Mais jouer à Shadow of the Tomb Raider et à Red Dead Redemption 2 sur un écran de 5,6 pouces nous a semblé une hérésie.

Même succès de connexion avec un PC et un Pixelbook Go à moins de cinq mètres du routeur. Le Chromecast branché à un câble Ethernet nous a également fourni une excellente expérience de jeu. Nous avons testé longuement Shadow of the Tomb Raider et Red Dead Redemption 2, deux jeux graphiquement très exigeants. Nous avons obtenu la même latence, le même rendu que si nous avions utilisé une PS4 ou une Xbox.

Au chapitre des avantages, on a donc une console infonuagique qu’on peut transporter n’importe où, qui permet de reprendre son jeu en sautant d’une plateforme à l’autre.

Le catalogue de jeux à acheter – une trentaine offerts, une douzaine annoncés dans les prochaines semaines – est somme toute honnête pour une nouvelle plateforme. Il grossit pratiquement toutes les semaines et, surtout, il pourra offrir éventuellement des jeux plus lourds hors de portée d’une console de salon standard.

PHOTO AGENCE FRANCE-PRESSE

Grâce à son contrôleur, Stadia est une console infonuagique qu’on peut transporter n’importe où, qui permet de reprendre son jeu en sautant d’une plateforme à l’autre.

On aime moins

Notre deuxième test, sur la télévision avec un Chromecast branché par WiFi, a donné un résultat lamentable. L’image était saccadée et le son coupait sans cesse. Nous avons identifié les responsables : nos deux enfants qui regardaient chacun une émission sur Netflix et un routeur Velop en réseau maillé incapable de répondre à toute cette demande.

Nous avons changé de routeur pour un modèle plus agile, un Archer AX6000 capable de gérer plusieurs flux simultanés. Nous avons obtenu une nette amélioration, le jeu sur un ordinateur proche était parfait, mais celui sur la télévision demeurait insatisfaisant. Même expérience frustrante en déplaçant l’ordinateur à l’étage, à une dizaine de mètres de routeur.

Nous avons par ailleurs expérimenté à quelques reprises de petits problèmes avec le contrôleur, dont certaines touches refusaient parfois de répondre. Il a fallu le redémarrer.

Côté prix, si vous achetez l’ensemble de départ à 169 $ et optez pour Stadia Pro à 11,99 $ par mois pour du 4K, il ne vous faudra que deux ou trois ans pour atteindre un montant équivalent à ce que vous aurait coûté un PS4 Pro ou une Xbox One X. Au cours de l’année, Google rendra disponible le service Stadia Base, gratuit mais limité à 1080p.

On achète ?

Sans nous lancer dans un long débat technique, notre test de deux semaines nous a démontré deux choses : Stadia peut fonctionner à merveille, mais elle peut aussi s’avérer frustrant dans certaines conditions. Tout dépend en fait de la qualité de la connexion internet et du WiFi, de la capacité du routeur à gérer la circulation et de la demande sur votre réseau.

On se demande en fait à qui s’adresse une plateforme comme Stadia. La liste des jeux laisse croire qu’on vise les joueurs vidéo d’expérience, les hardcore gamers, mais ceux-ci n’hésitent généralement pas à investir dans une bonne console ou un PC bien équipé, et se méfient de tout ce qui est sans fil.

Le « client » parfait pour Stadia serait le joueur moins engagé qui veut s’amuser sur plusieurs plateformes et à plusieurs endroits. Si vous avez ce profil, et de bonnes connexions internet, Stadia devrait vous combler.

Stadia

Concepteur : Google

Prix : 169 $ (ensemble de départ comprenant un contrôleur, un Chromecast et trois mois d’abonnement à Stadia Pro), plus 11,99 $ par mois pour Stadia Pro.

Note : 4 sur 5