(Washington) Microsoft a reconnu jeudi que les pirates à l’origine de la gigantesque cyberattaque qui a visé des systèmes du gouvernement américain et des entreprises privées étaient allés plus loin dans son réseau que ce le géant des logiciels avait révélé jusque-là.

Agence France-Presse

Ces pirates informatiques, soupçonnés d’être liés à la Russie par les autorités américaines, ont eu accès au code informatique (source code), clé importante pour son système, de l’entreprise en piratant le compte d’un salarié, précise le groupe dans un billet de blogue.

L’attaque, qui a été plus loin que Microsoft ne l’avait pensé dans un premier temps, n’a toutefois pas permis de compromettre ou modifier l’un de ses logiciels, assure la société.

« Nous avons détecté une activité inhabituelle sur un petit nombre de comptes internes et après vérification, nous avons découvert qu’un compte avait été utilisé pour voir le code source dans un certain nombre de référentiels », a indiqué Microsoft sur son blogue sur la sécurité.

« Le compte n’avait pas l’autorisation de modifier le code ou les systèmes d’ingénierie et notre enquête a confirmé ensuite qu’aucune modification n’avait été apportée. Ces comptes ont été examinés et modifiés », est-il encore précisé.

Selon Microsoft, cela « n’a pas mis en danger la sécurité de nos services ou des données clients, mais nous voulons être transparents et partager ce que nous avons appris alors que nous combattons ce que nous pensons être un acteur étatique très sophistiqué ».

Microsoft avait précédemment relevé des « applications SolarWinds malfaisantes » dans ses systèmes.

La cyberattaque a débuté en mars dernier, selon les informations du gouvernement américain, les pirates profitant d’une mise à jour d’un logiciel de surveillance développé par une entreprise du Texas, SolarWinds, utilisé par des dizaines de milliers d’entreprises et d’administrations dans le monde.

Mi-décembre, cette attaque a touché des systèmes informatiques d’agences du gouvernement américain, parmi lesquelles les départements d’État, du Commerce, le Trésor, la Sécurité intérieure et les Instituts nationaux de la Santé.

Le chef de la diplomatie Mike Pompeo et le ministre de la Justice d’alors Bill Barr, des proches de Donald Trump, ont estimé que Moscou était derrière la cyberattaque, un avis non partagé par le président américain.

M. Trump a en effet minimisé l’opération ainsi que le rôle supposé de la Russie.