Après avoir séduit 155 millions de joueurs depuis 2007, la franchise Assassin’s Creed se lance à l’assaut de la mythologie viking dans le plus récent opus, Valhalla. Au menu : combats sanglants, alliances, virage RPG complété… et trop nombreux bogues.

Karim Benessaieh
Karim Benessaieh La Presse

Assassin’s Creed Valhalla, qui atterrit sur les tablettes ce mardi, constitue le 12e opus principal de la franchise la plus populaire du géant français du jeu vidéo Ubisoft, dont le studio de Montréal a assumé la direction la plupart du temps. Le concept de base, les aventures d’un assassin à diverses époques résolvant des énigmes, s’infiltrant chez ses ennemis et démantelant des organisations occultes a graduellement évolué et inclut depuis 2017 un aspect « RPG » plus marqué, avec des améliorations de compétences et d’équipements débloquées par les missions.

Valhalla va encore plus loin dans cette direction que ses deux illustres prédécesseurs, Origins et Odyssey. L’histoire commence en Norvège au milieu du IXe siècle. Un enfant, Eivor, voit son village totalement décimé, survit et devient un grand guerrier qu’on retrouve deux décennies plus tard. Ou une grande guerrière, selon votre choix : on a en effet la possibilité dès le départ de choisir le sexe de son personnage, ou de laisser le jeu le modifier par la suite selon l’histoire.

Nous avons essayé les trois variantes et n’avons pas vraiment constaté de différence dans les compétences ou le caractère de notre personnage.

IMAGE FOURNIE PAR UBISOFT

Dans une ambiance digne de Game of Thrones, le guerrier ou la guerrière va sillonner l’Angleterre, piller villages, monastères, églises et châteaux forts et revenir à sa colonie avec son butin.

Beaucoup de batailles

Les premières heures de Valhalla, qui consistent à sillonner la Norvège en quête de butin, permettent essentiellement de se familiariser avec la mécanique du jeu. On retrouve la santé en mangeant des plantes, on récolte des trésors, des artefacts et on résout des mystères qui permettent d’améliorer les armes, d’obtenir des points de compétence pour développer de nouvelles habiletés. De petits jeux de dés ou des joutes verbales viennent assaisonner les missions, on croise des personnages aux destins pittoresques et on se promène dans la superbe Norvège sauvage et glaciale. Et on se bat beaucoup, beaucoup, beaucoup, à la hache, à l’épée ou à l’arc. Au point où on se demande si une des bases du canon Assassin’s Creed, les meurtres discrets, n’a pas été évacuée.

Mais non, on va retrouver cet aspect après une dizaine d’heures de jeu quand Eivor, à l’initiative de son frère adoptif Sigurd, quitte la Norvège pour repartir à zéro en Angleterre. Et c’est là que le jeu prend réellement son envol. Eivor et les siens s’installent au cœur de l’Angleterre déchirée par des conflits permanents entre les quatre royaumes, Wessex, Northumbrie, Est-Anglie et Mercie. On voit sur une carte les possibilités d’alliances et de conquêtes qui deviendront les missions d’Eivor. Dans une ambiance digne de Game of Thrones, le guerrier ou la guerrière va sillonner l’Angleterre, piller villages, monastères, églises et châteaux forts et revenir à sa colonie avec son butin.

Animations améliorées

Ces allers-retours amènent une nouvelle mécanique : on peut graduellement améliorer sa colonie, un peu comme le proposait Red Dead Redemption 2. Eivor reçoit par ailleurs une lame secrète, la spécialité des assassins, qui lui donnera enfin cette compétence bien connue des habitués de la franchise.

Les paysages sont tout simplement magnifiques et la reconstitution du décor de cette Angleterre du IXe siècle, époustouflante. La qualité des animations a monté d’un cran depuis Odyssey, notamment dans les scènes grandioses de destruction ou d’attaques en masse.

On retrouve par ailleurs la possibilité de modifier le cours de l’aventure selon les réponses choisies pendant les dialogues clés. Si les armes n’ont pas la variété d’autres jeux de combat de ce genre - on alterne essentiellement entre haches et épées-, on a introduit une nouvelle façon de les utiliser, une dans chaque main, et les différences selon le modèle sont flagrantes dès la première utilisation. Certaines haches sont très rapides, mais font peu de dommages, les armes les plus lourdes sont difficiles à manipuler, mais donnent de meilleurs résultats.

Et ne vous échinez pas à taper à l’aveuglette : vous ferez baisser votre jauge d’énergie, n’esquiverez plus les coups aussi facilement et porterez des coups moins forts.

Compétences et statistiques

Précisons que nous n’avons pas terminé le jeu, que nous avons reçu il y a cinq jours. Si on se fie au temps nécessaire pour boucler l’opus précédent, il aurait fallu y consacrer 20 heures par jour.

Les « compétences », par ailleurs, sont plus subtiles. Pas de grands changements ici qui vous donneront des éclairs ou des sauts irréalistes, mais plutôt de petites améliorations statistiques de vos capacités de combat ou des combinaisons de coups plutôt spectaculaires. On note qu’il faut débloquer une première compétence pour voir apparaître la suivante ; vous ne savez donc pas celles qui vous attendent, mais on peut facilement annuler les choix précédents pour choisir une autre branche de capacités.

Quant à l’ambiance du jeu, elle est beaucoup plus sombre que les lumineux épisodes méditerranéens d’Origins et Odyssey. L’humour d’Eivor est minimal, plutôt rude, et les personnages qu’il rencontre souvent désespérés. Il nous a fallu quelques bonnes heures pour apprécier cette ambiance lourde.

Verdict

Nous n’avons par contre pas du tout apprécié les nombreux bogues qui affectent la version préliminaire donnée aux critiques. Précisons qu’on annonce dès le jour du lancement une « patch » qui devrait en théorie en corriger une bonne partie. Personnages qui flottent dans les airs, décors dans lesquels on entre comme dans de la mousse, ennemis qui deviennent fous ou reprennent soudainement de l’énergie, nous en avons vu de toutes sortes. Il a même fallu reprendre tout un segment parce que notre bateau refusait obstinément de quitter la terre.

Le verdict : malgré quelques anicroches techniques, il s’agit d’un excellent Assassin’s Creed, qui amène la franchise à un autre niveau, renouvelant le genre en respectant le concept de base. On aurait aimé y retrouver une certaine légèreté qui planait sur les épisodes précédents, mais on doit admettre que l’atmosphère de l’Angleterre de l’époque est superbement rendue, avec des missions et une évolution qui captiveront le joueur pour une bonne centaine d’heures.

IMAGE FOURNIE PAR UBISOFT

Ne vous échinez pas à taper à l’aveuglette dans Assassin’s Creed Valhalla : vous ferez baisser votre jauge d’énergie, n’esquiverez plus les coups aussi facilement et porterez des coups moins forts.

Assassin’s Creed Valhalla

Éditeur et développeur : Ubisoft, pour PS4, PS5, Xbox One, Xbox Series, Stadia, Luna, PC. Essayé sur une PS4 (version PS5 disponible le 12 novembre), copie fournie par Ubisoft

Date de sortie : 10 novembre 2020

Prix (édition standard) : 79,99 $

Note : 4 sur 5