L’entrepreneur québécois Guy Laliberté vend son studio de jeux vidéo Reflector au géant japonais Bandai Namco, créateur du célèbre jeu Pac-Man.

Vincent Brousseau-Pouliot Vincent Brousseau-Pouliot
La Presse

Guy Laliberté a fondé le studio de jeux vidéo montréalais Reflector en 2016, soit l’année qui a suivi la vente de sa participation majoritaire dans le Cirque du Soleil au consortium mené par le fonds américain TPG. Pour fonder Reflector, Guy Laliberté s’est associé avec Alexandre Amacio, ancien d’Ubisoft. Reflector, qui a environ 120 employés actuellement, prévoit sortir son premier jeu vidéo, Unknown 9 : Awakening, en 2021.

Lune Rouge, société d’investissement de Guy Laliberté, explique avoir vendu Reflector afin de permettre au studio « d’enrichir sa vision transmédia » et d’avoir « un brillant avenir » à l’international, selon Robert Blain, président de Lune Rouge. Le montant de la transaction, qui devrait être finalisée d’ici la fin de l’année, n’a pas été dévoilé.

Le nouveau propriétaire de Reflector, Bandai Namco, est un géant japonais du jeu vidéo. L’entreprise vaut environ 20 milliards CAN à la Bourse de Tokyo. (À titre de comparaison, Ubisoft vaut 9 milliards CAN à la Bourse de Paris, et la Banque Nationale vaut 22 milliards CAN à la Bourse de Toronto.)

Son jeu le plus célèbre, Pac-Man, créé en 1980, est bien connu partout sur la planète. Mais les autres jeux de Bandai Namco sont davantage connus au Japon, un marché important en matière de jeux vidéo, mais souvent distinct du reste du monde.

Au cours des dernières années, Bandai Namco, l’un des 15 plus importants studios de jeux vidéo au monde, s’est fixé comme objectif de renforcer ses activités à l’extérieur du Japon en y développant 50 % de son contenu. Avec cette stratégie, un studio comme Reflector pourrait ainsi être appelé à jouer un rôle intéressant au sein de Bandai Namco. « Nous nous réjouissons à l’idée de travailler avec une équipe aussi compétente et de l’accueillir au sein de la famille [Bandai Namco] », a dit Arnaud Muller, directeur des opérations de la filiale européenne de Bandai Namco, qui a fait l’acquisition de Reflector Entertainment. La transaction a été annoncée officiellement la semaine dernière.

Depuis sa fondation, Reflector ne veut pas seulement développer des jeux vidéo, mais aussi des romans, des bandes dessinées et des balados basés sur ses univers. Son premier univers, Unknown 9, met en scène un univers paranormal où neuf personnes possèdent ensemble toutes les connaissances du monde. Reflector a déjà lancé des romans sur cet univers, et le premier jeu vidéo est attendu l’an prochain.

Au départ, Reflector devait créer 150 emplois d’ici le début de l’année 2019. Actuellement, le studio a environ 120 employés. L’arrivée d’un nouveau propriétaire ne devrait pas entraîner de changements dans la taille des effectifs du studio, a indiqué Reflector. Lune Rouge était actionnaire majoritaire de Reflector. Le PDG de Reflector, Alexandre Amancio, était actionnaire minoritaire. Ce dernier restera chez Reflector comme chef de la création.

À l'automne 2019, Reflector s'était inscrite au Registre des lobbyistes pour demander une aide financière de 30 millions à Investissement Québec et au gouvernement, sous forme de prêt, subvention ou débenture convertible. L'entreprise n'a finalement pas obtenu cette aide, a indiqué Lune Rouge à La Presse mercredi.