Un mois et demi avant le lancement de sa nouvelle console, Microsoft a annoncé lundi sa plus importante acquisition dans le monde du jeu vidéo, ZeniMax Media, propriétaire des studios Bethesda, au coût de 7,5 milliards US.

Karim Benessaieh Karim Benessaieh
La Presse

Dans la corbeille de la mariée, Microsoft hérite du coup d’un deuxième studio à Montréal, après l’indépendant Compulsion Games, acheté en 2018. Le studio Bethesda de Montréal a été fondé en 2015 et est dirigé par Yves Lachance, un ex-vice-président de Behaviour, le plus important studio indépendant au Canada. On annonçait alors une équipe de 40 personnes. Il est installé rue Prince, dans la Cité du multimédia.

Il n’a pas été possible de parler à M. Lachance, les demandes médiatiques étant systématiquement renvoyées au siège social à Washington, qui n’avait pas donné suite aux demandes de La Presse au moment d’écrire ces lignes.

Doubler l’offre

Avec ZeniMax Media, une entreprise privée fondée en 1999, Microsoft hérite d’une société comptant quelque 2300 employés répartis dans huit studios, dont le plus important est Bethesda. Dans son catalogue, on compte de grands succès comme The Elder Scrolls et Fallout à titre de développeur, ainsi que Doom et Dishonored comme éditeur.

Le rachat de cette entreprise « apporte à la Xbox un portefeuille impressionnant de jeux, de technologies et de talents ainsi qu’un palmarès de grands succès commerciaux », s’est réjoui Microsoft dans un communiqué. Il a pour but de « donner encore davantage de moyens aux plus de 3 milliards de joueurs de jeux vidéo à travers le monde », a précisé le patron de Microsoft Satya Nadella.

« Avec l’acquisition de Bethesda, nous doublons, littéralement et métaphoriquement, notre capacité de contenu en jeu vidéo », a déclaré M. Nadella en entrevue à Bloomberg.

Nouvelle génération

Le 10 novembre prochain, Microsoft lancera sa nouvelle génération de consoles, les Xbox Series, dont la plus puissante sera vendue 599,99 $. Deux jours plus tard, ce sera au tour de son grand rival Sony de lancer sa PS5, dont la version équipée d’un lecteur Ultra HD Blu-ray sera vendue 629,99 $. La concurrence est féroce dans ce créneau, notamment avec l’importance grandissante de l’infonuagique et des formules d’abonnement proposées par chaque entreprise. Sony a annoncé en mai dernier avoir vendu 110 millions d’unités de sa PS4, alors qu’on estime que la Xbox One de Microsoft s’est écoulée à 41 millions d’exemplaires depuis 2013. Nintendo a réussi à lui ravir la deuxième position depuis 2017 avec sa Switch, dont 55,8 millions d’unités ont trouvé preneur.

Grâce à cette opération, Microsoft « renforce sa position sur le marché du jeu vidéo en ligne, car [ZeniMax et Bethesda] proposent des produits compétitifs qui pourront être ajoutés aux abonnements Game Pass et capables de repousser les attaques de Sony », écrivent dans une note Anurag Rana et Gili Naftalovich, analystes pour Bloomberg Intelligence.

Sur la chaîne CNBC, le patron de Xbox Phil Spencer a assuré que ZeniMax continuerait de fonctionner de manière indépendante, laissant entendre qu’il n’y aurait pas de coupes dans les effectifs de l'entreprise. On s’attend toutefois à ce que certains jeux développés par ZeniMax soient en premier lieu offerts sur la Xbox Series avant d’être proposés sur d’autres plateformes.

— Avec l’Agence France-Presse