(San Francisco) Qualcomm, jugé coupable il y a plus d’un an d’avoir « étranglé la concurrence » dans les microprocesseurs pour téléphones mobiles, sa spécialité, a remporté une bataille mardi devant une cour d’appel qui a infirmé ce jugement.

Agence France-Presse

Le titre de ce leader des composants électroniques pour mobiles s’est apprécié de 2,3 % en Bourse après cette annonce.

Le jugement en appel « valide notre modèle économique […] et démontre les importantes contributions de Qualcomm à l’industrie », a réagi l’avocat Don Rosenberg pour le groupe en réponse à l’AFP.  

Qualcomm est à la fois détenteur de nombreuses licences sur des brevets technologiques – dont d’autres acteurs du secteur ont besoin – mais aussi fabricant de puces, indispensables aux téléphones intelligents.

En mai 2019, la juge Lucy Koh à San José en Californie avait déterminé que les pratiques d’attribution de licences de Qualcomm avaient « étranglé la concurrence » pendant des années dans des segments clé du marché des microprocesseurs pour mobiles (« modem chips », les puces qui relient les mobiles aux réseaux télécom).

Elle avait affirmé que le groupe avait « nui à ses rivaux, aux consommateurs et aux fabricants (d’appareils) », comme le chinois Huawei en Chine, le sud-Coréen Samsung ou encore le japonais Sony.

Son jugement avait été considéré comme une victoire pour les autorités américaines de régulation de la concurrence, dont l’agence fédérale (FTC) qui avait lancé les poursuites.

Mais de nombreux analystes s’étaient inquiétés que la décision ne freine les avancées des États-Unis dans le déploiement de la 5G.

L’affaire « a été un gaspillage complet de l’argent du contribuable et du temps qui aurait pu servir à enquêter sur de vrais monopoles », a réagi Patrick Moorhead de Moor Insights & Strategy.

« Qualcomm est la seule entreprise qui investit des milliards dans la recherche dix ans avant qu’un produit sans fil ne soit sur le marché, ce qui lui donne un avantage compétitif », a-t-il continué.

La condamnation avait ouvert la voie à des poursuites de rivaux ou partenaires de Qualcomm. Apple avait été parmi les premiers à se plaindre des pratiques de Qualcomm, avant de passer un accord avec le fournisseur.

« J’ai toujours pensé que les dossiers de la FTC et d’Apple contre Qualcomm étaient faibles, parce qu’ils manquaient de preuves de monopole comme des dommages, un manque de compétition ou une hausse des prix », a ajouté Patrick Moorhead.