La firme de cybersécurité OneSpan, qui compte quelque 1700 institutions financières parmi ses clients, fera de Montréal son plus important centre d’opération.

Karim Benessaieh Karim Benessaieh
La Presse

L’annonce en a été faite ce mardi matin, en présence notamment du ministre des Finances du Québec Éric Girard et du PDG de l’entreprise basée à Chicago, Scott Clements.

Les bureaux de OneSpan, dans l’ancienne Gare Windsor au centre-ville de Montréal, accueilleront d’ici deux ans une centaine de nouveaux employés, en plus des 250 qui y travaillent déjà, un investissement de neuf millions de dollars. La majorité des embauches seront liées à la recherche et développement, a précisé M. Clements, faisant également de la métropole québécoise le plus important laboratoire de l’entreprise. Outre Montréal, OneSpan compte des centres d’opération à Bruxelles et Bordeaux, en plus de nombreux bureaux régionaux. L’entreprise fondée en 1991, qui compte 750 employés, a rapporté des revenus de 212,3 millions US en 2018 pour un bénéfice net de 21,6 millions US, selon son rapport annuel.

Le ministre Girard estime que cette annonce confirme le statut de Montréal comme « pôle d’expertise de renommée mondiale en cybersécurité ». C’est d’ailleurs le bassin de travailleurs qualifiés de la métropole, qu’on évalue à 17 000 personnes, qui aurait convaincu OneSpan d’aller de l’avant avec cette expansion de ses activités.

Il a par ailleurs évoqué la fuite de données chez Desjardins pour rappeler le défi de la cybersécurité dans les institutions financières. « Toute ma carrière professionnelle, j’ai eu la cybersécurité à l’esprit », a déclaré le ministre, qui a notamment fait sa marque dans le domaine bancaire.

Selon M. Clements, les diverses plateformes d’authentification des transactions de OneSpan auraient permis d’éviter plus de 15 milliards de dollars en fraudes. L’entreprise américaine, a précisé le ministre Girard en réponse à un journaliste, aura accès au crédit d’impôt de 30 % pour le développement des affaires électroniques, pour un montant maximal annuel de 25 000 $ par employé. Le montant global n’a pas été dévoilé. « Le crédit d’impôt est disponible pour tous, a expliqué M. Girard. Dans un écosystème, il y a des joueurs locaux et des joueurs étrangers. »