(Washington) L’éditeur américain de jeux vidéo Electronic Arts (EA) a affiché des résultats meilleurs qu’attendu au 2e trimestre grâce aux stars de sa franchise et la fiscalité en Suisse. Mais le report de NBA Live a déçu.

Christophe VOGT
Agence France-Presse

Les excellents résultats ont été boudés par les investisseurs parce que le géant de l’édition de jeu vidéo a annoncé qu’il reportait l’arrivée de son jeu NBA Live d’un an en attendant l’arrivée de nouvelles consoles.

« Nous avons décidé de ne pas livrer NBA Live durant l’exercice 2020 (clos au 31 mars) mais nous allons plutôt élargir la vision que nous avons de NBA Live et continuer à travailler étroitement avec nos partenaires de l’association des joueurs de la NBA sur ce projet, les détails duquel nous partagerons l’année prochaine », a déclaré Andrew Wilson, le PDG de l’entreprise lors d’une conférence téléphonique avec des analystes.

C’est cette nouvelle qui a fait chuter de jusqu’à 4 % un titre qui était en hausse de 1,7 % juste après la publication des résultats. La baisse s’est stabilisée à environ 2 %.

EA a également annoncé que la nouvelle version de Battlefield — autre poids lourd du jeu vidéo – ne sera disponible que lors de l’exercice 2022, même si M. Wilson a promis « des nouveaux contenus et des nouvelles façons de jouer » pour Battlefield 5 durant l’exercice 2021.  

Plus réjouissant pour les fans de la franchise Apex Legend, la réponse façon « battle royale » de EA au phénomène Fortnite.

« Nous attendons de notre équipe Apex Legend qu’elle fournisse le contenu selon nos plans pour l’exercice 2021 et nous allons toucher de nouvelles audiences grâce au mobile et à travers l’Asie », a expliqué le PDG.  

Bénéfice exponentiel

Pour le second trimestre de son exercice décalé clos au 30 septembre, EA a gagné 854 millions de dollars, contre 255 millions un an plus tôt. Ce saut exponentiel est dû plus à un changement de la comptabilisation de l’impôt sur le revenu en Suisse et à un transfert des droits de propriété intellectuelle à sa filiale basée dans ce pays qu’aux activités de l’entreprise.

Au total, sur l’ensemble de l’exercice clos fin mars 2020, EA va bénéficier d’un impact positif de 1,075 milliard de dollars, ou 5,74 dollars par action.

Pour le seul second trimestre, cela représente 625 millions de dollars, ou 2,11 dollars par action, de profit en plus.

Les réservations numériques (le montant de produits transmis de façon numérique, l’indicateur privilégié du secteur) ont grimpé à 1,28 milliard de dollars, contre 1,22 milliard un an plus tôt, plus que les 1,25 milliard attendus par Wall Street.

L’éditeur des Sims (jeu de simulation) s’inscrit dans un marché porteur, entre croissance du e-sport et avènement du « cloud gaming » (streaming de jeux vidéo, totalement dématérialisé).

Le chiffre d’affaires total est ressorti à 1,348 milliard de dollars, contre 1 286 milliards un an plus tôt.

Pour l’ensemble de l’exercice, EA a indiqué s’attendre à des réservations numériques de 5,13 milliards de dollars et un bénéfice net de 2,84 milliards, lui aussi gonflé par les changements dans le profil fiscal de l’entreprise.