L’une des figures les plus connues de l’industrie du jeu vidéo, Jade Raymond, inaugurera aujourd’hui à Montréal un premier studio au sein de l’empire Google.

Jean-François Codère Jean-François Codère
La Presse

Mme Raymond a rejoint les rangs de Google en mars dernier. Son rôle consiste à y superviser les efforts de création de jeux exclusifs à la nouvelle plateforme vidéoludique de l’entreprise, Stadia. Cela inclut la mise sur pied de studios internes, dont ce premier qui sera situés dans les locaux actuels de Google au centre-ville, et la supervision de projets menés par des studios indépendants, mais à forfait pour Google.

« C’est super excitant, parce qu’on essaie de faire de nouveaux types de jeux, pour tirer profit du fait que notre plateforme est infonuagique et qu’on est donc complètement libérés de devoir tenir compte de la puissance de l’équipement dont dispose le joueur à la maison », affirme Mme Raymond.

La plateforme Stadia se distingue de celles conçues par Sony, Microsoft ou Nintendo par le fait qu’elle est dématérialisée. Tous les calculs s’effectuent sur des serveurs centraux opérés par Google. À la maison, le joueur n’a besoin que d’une bonne connexion à l’internet, d’une manette et d’une clé Chromecast.

Le studio mis sur pied par Mme Raymond emploie actuellement une toute petite équipe de cinq personnes. Sa campagne de recrutement est maintenant officiellement en marche. L’objectif n’a toutefois pas encore été chiffré.

Le plan est de créer des jeux exclusifs qui vont faire vendre la plateforme, alors nous avons besoin d’équipes de taille AAA.

Jade Raymond, en faisant référence au code employé dans l’industrie pour désigner les productions les plus importantes, qui emploient généralement quelques centaines de personnes

« Ce ne sera pas une équipe de 1000 personnes », prévient-elle toutefois, après avoir précisé son désir d’en restreindre la taille.

Le studio montréalais sera aussi, ultimement, appelé à travailler sur plus d’un projet simultanément. Il y aura de toutes nouvelles franchises, mais aussi, laisse-t-elle entendre, des jeux tirés d’anciennes franchises du jeu vidéo.

Troisième expérience

C’est la troisième fois que Mme Raymond est appelée à mettre sur pied un tout nouveau studio. En 2010, Ubisoft, pour qui elle travaillait déjà à Montréal, lui a confié la tâche d’établir une présence à Toronto. Cinq ans plus tard, elle a été recrutée par le rival Electronic Arts, qu’elle a convaincu de fonder le studio EA Motive à Montréal.

D’une fois à l’autre, le mandat créatif s’est élargi. À Toronto, elle devait en premier lieu mener la création d’un nouveau jeu dans la franchise Splinter Cell. Chez Electronic Arts, où elle supervisait plus d’un studio, il fallait créer une nouvelle franchise, mais dans un créneau précis, afin de combler une lacune du portfolio de l’entreprise.

Cette fois, la page est blanche. « Il faut bâtir le portfolio au complet », note-t-elle.