Sans fil et autonome, offrant une qualité d’image impressionnante, le casque Oculus Quest est probablement le meilleur dispositif de réalité virtuelle destiné au consommateur en 2019. Mais les inconvénients sont encore trop nombreux pour séduire les masses.

Karim Benessaieh Karim Benessaieh
La Presse

On aime

Pour tout amateur qui a installé chez lui un dispositif de réalité virtuelle complet, avec ses câbles, ses capteurs et son ordinateur de gamer comme nous l’avons fait, l’Oculus Quest est une bénédiction. Zéro câble, aucun ordinateur à configurer et pas de capteurs à placer : on allume l’Oculus Quest, on télécharge l’application mobile sur un iPhone ou un Android, et on suit les instructions.

En une dizaine de minutes, nous avions un casque de réalité virtuelle fonctionnel, avec ses deux manettes connectées. Nous avons ensuite délimité notre zone de jeu sécurisée grâce à une fonction ingénieuse, qui permet de déterminer avec sa manette l’espace libre d’une pièce en gardant le casque sur la tête, mais en voyant son environnement à travers la caméra du casque.

L’Oculus Quest peut ainsi garder en mémoire cinq zones dans lesquelles on peut se balader sans craindre de trébucher sur un obstacle.

Ce qui frappe dès la première expérience, c’est la qualité visuelle des expériences de réalité virtuelle offertes. On est loin, très loin, des tentatives peu convaincantes installées sur des téléphones avec des Google Cardboards. On dépasse, à notre avis, ce qu’offrait le Gear VR de Samsung pour se comparer à l’autre vedette d’Oculus, le Rift.

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE

Le Quest ne règle pas le principal problème de la réalité virtuelle pour le commun des mortels : vous avez l’air fou avec ce casque sur la tête, isolé du reste de l’univers...

Évidemment, avec un simple processeur Snapdragon 835, celui qui équipait les Pixel 2 et Galaxy S8 il y a deux ans, le Quest ne peut prétendre reproduire les mêmes jeux qu’un Rift branché à un ordinateur puissant.

Quatre mois après son lancement sur le marché, on a donc un catalogue d’une centaine de jeux moins exigeants conçus pour le Quest. Nous avons ainsi passé quelques heures plutôt fascinantes à jouer du sabre laser dans Vader Immortal, dans un ring de boxe avec Creed : Rise to Glory ou dans la démo de Robo Recall et ses androïdes menaçants. Le casque est un peu plus lourd que le Rift, 571 grammes plutôt que 470. Il contient deux écrans OLED qui ont chacun une résolution de 1440 x 1600, supérieure donc au Rift.

Les capteurs extérieurs ont été remplacés par un système interne appelé Oculus Insight qui suit les mouvements du joueur. De petits haut-parleurs projettent vers les oreilles le son des jeux sans que des écouteurs ou un casque d’écoute soient nécessaires. Une prise mini-jack est cependant là si on souhaite une immersion plus complète.

L’autonomie annoncée de la pile est de trois heures. Dans notre essai, on était plus proche de deux heures et demie.

On aime moins

Le premier inconvénient, c’est de devoir rebâtir complètement sa bibliothèque. Vous possédiez des jeux pour Oculus Rift ou Go ? Ils ne sont plus compatibles avec le Quest. Le mois dernier, Oculus a annoncé une fonction qui permettrait de brancher ce casque sur un ordinateur et d’y faire jouer tous les jeux de l’écosystème Rift.

Cette fonction, Oculus Link, n’est pas encore offerte.

On retrouve quelques jeux intéressants ou des expériences marquantes pour le Quest, mais on est loin d’avoir atteint le niveau d’excellence du reste de l’industrie du jeu vidéo. Payer une trentaine de dollars pour une expérience de RV qui va durer quatre heures, au mieux, c’est cher.

Bien des jeux, par ailleurs, semblent essentiellement expérimentaux. Du bricolage pour tester les capacités de la RV et donner quelques minutes de sensations fortes.

Et le Quest ne règle pas le principal problème de la réalité virtuelle pour le commun des mortels : vous avez l’air fou avec ce casque sur la tête, isolé du reste de l’univers.

On achète ?

Le Quest est probablement le casque le plus abouti, celui qui aurait peut-être pu convaincre le consommateur moyen il y a cinq ans d’embarquer dans la réalité virtuelle.

Si vous voulez toujours essayer ce monde chez vous, l’Oculus Quest est un excellent choix.

On a cependant bien hâte de voir ce que la deuxième génération de casques, plus discrets et sans manettes, va offrir. Oculus a en effet présenté le Quest comme son dernier produit de réalité virtuelle « première génération », annonçant pratiquement qu’il pourrait devenir désuet assez rapidement. Ce n’est pas le meilleur argument de vente.

Quest

Fabricant : Oculus

Prix : 549 $ (64 Go) ou 699 $ (128 Go)

Note :  4 sur 5