Avec sa nouvelle Libra H2O, le fabricant Rakuten Kobo offre essentiellement une version plus petite, moins coûteuse et améliorée de sa liseuse lancée l’an dernier, la Forma. Et on aime ça, même si le prix est encore un peu élevé et l’écran, pas assez sensible.

Karim Benessaieh Karim Benessaieh
La Presse

On aime

En 2018, Kobo nous avait surpris en ramenant les deux boutons physiques de navigation sur le côté gauche de sa liseuse Forma. Eh bien, ces boutons sont toujours là pour la Libra H2O, mise sur le marché plus tôt ce mois-ci. Nous devons admettre que ce sont eux que nous utilisons dans la majorité des cas pour avancer ou reculer d’une page. Parce que contrairement aux écrans tactiles, ces mécanismes obéissent à tout coup, et leur rôle est sans équivoque : on avance avec le bouton du bas, on recule avec celui du haut.

Au premier coup d’œil, la nouveauté de la Libra H2O est son écran plus petit – 7 pouces de diagonale plutôt que 8. Ça ne change pas grand-chose au confort de lecture, les deux écrans ayant une résolution de 300 ppp, et ça a probablement aidé à alléger de 5 petits grammes la liseuse, qui en pèse maintenant 192. L’autre nouveauté flagrante, c’est qu’on offre maintenant l’appareil en noir ou en blanc — c’est de ce dernier modèle que nous avons hérité.

Mais l’ajout le plus efficace, même s’il est discret, c’est le bouton d’alimentation et de veille qui est maintenant rond et situé à l’arrière de la liseuse. On ne peut plus le manquer, contrairement à l’horrible petit bouton rectangulaire introuvable sur le côté de la Forma.

La Libra H2O profite également de quelques nouveautés logicielles, lancées en même temps et qui se retrouvent sur les autres modèles plus récents de Kobo. On dispose maintenant, tout en bas de l’écran, d’une ligne montrant l’avancement du livre, avec de gros points noirs indiquant les signets. En tapant sur les chevrons à gauche et à droite de cette ligne, on fait apparaître une petite fenêtre montrant le début des chapitres. En tout temps, au bas de l’écran, le chapitre actuel est indiqué en même temps que la page.

Ces nouveautés, explique-t-on chez Kobo, seront surtout utiles à ceux qui « lisent pour comprendre », par exemple les étudiants qui ont besoin de se promener d’un chapitre à un autre.

On retrouve toujours une de nos fonctions préférées chez Kobo, la douce lumière orangée appelée ComfortLight PRO, qui peut s’ajuster manuellement ou automatiquement selon l’heure du jour. Le deuxième petit nom de la Libra, H2O, c’est évidemment pour sa résistance à l’eau, selon la norme IPX8 — soit à une profondeur de deux mètres pendant 60 minutes. La carte microSD a définitivement disparu, mais on offre 8 Go de stockage, soit l’équivalent théorique de 6 000 livres. La pile de 1 200 mAh devrait vous donner un bon mois de lecture à raison d’une ou deux heures par jour, avec léger rétroéclairage.

Enfin, l’incomparable avantage des Kobo sur les Kindle, soit leur compatibilité avec le format epub et les livres protégés par DRM des bibliothèques, est évidemment toujours là. La librairie Kobo, en passant, affirme offrir autant de livres que son concurrent Amazon, soit plus de 5 millions de titres, dont quelques centaines de milliers en français.

On aime moins

Le gros défaut des liseuses de Kobo, flagrant après avoir essayé une Kindle, c’est qu’elles sont nettement moins réactives. L’écran tactile ne réagit qu’après un certain délai, il a tendance à clignoter quand on le tapote… bref, on ne s’amuse pas à le solliciter à tout bout de champ.

À part l’achat de livres directement dans la librairie numérique Kobo et avec l’application Overdrive, il n’y a pas de moyen de transférer par internet des livres dans sa liseuse ; il faut la brancher à un ordinateur. Or, Overdrive, qui permet de télécharger des livres de bibliothèques, notamment québécoises, a un choix en français très limité. C’en est même ridicule : pour Bibliothèque et Archives nationales du Québec, nous n’avons trouvé qu’une vingtaine de titres en français, contre plusieurs dizaines de milliers en anglais. Évidemment pour une question de droits.

On achète ?

À 199 $, la Libra H2O n’est pas bon marché, on en convient. Mais elle coûte tout de même 130 $ de moins que sa grande concurrente, la Kindle Oasis d’Amazon, et 100 $ de moins que la Forma de l’an dernier.

Il s’agit, à notre avis, d’un excellent produit en matière de rapport qualité-prix pour les amateurs de liseuses, probablement le meilleur sur le marché. La faible réactivité de son écran tactile vous fera pester, mais sa compatibilité et ses petites touches pensées pour les lecteurs l’aident à se faire pardonner.

Libra H2O

Fabricant : Rakuten Kobo Prix : 199,99 $ (offerte en noir et en blanc)
Note : 4,5 sur 5