Près d’un quart de siècle après avoir fait un tabac sur Game Boy, le petit chevalier Link reprend du service pour la princesse Zelda, cette fois dans le royaume de la Nintendo Switch. Le résultat de ce saut dans le temps : The Legend of Zelda : Link’s Awakening, qui arrive sur les tablettes ce vendredi, avec ses combats, ses énigmes et son graphisme de jouets ultracolorés.

Karim Benessaieh Karim Benessaieh
La Presse

Premier constat : Nintendo et le développeur Grezzo ont réussi l’exploit de renouveler un jeu 2D en lui donnant une troisième dimension qui rend les commandes moins répétitives, tout en respectant l’esprit original de l’œuvre. Une fois qu’on s’est habitué au design enfantin et aux dialogues écrits qui défilent sans cesse, très loin du poétique et plus adulte
Breath Of The Wild sorti en 2017, on a entre les mains un bon jeu vidéo, plus exigeant qu’il n’y paraît et souvent surprenant.

Lieux et donjons

IMAGE FOURNIE PAR NINTENDO

The Legend of Zelda : Link’s Awakening se déroule sur l’île de Cocolint, sur laquelle Link s’est échoué et qu’il veut quitter. Il devra pour cela trouver les instruments de musique cachés un peu partout sur l’île afin de réveiller le Poisson-Rêve. La princesse Zelda, cette fois, n’est pas au menu.

On se balade, après avoir franchi les obstacles, dans sept lieux de l’île, aux noms évocateurs comme le Village des mouettes, la Forêt enchantée, le Marais des Anémones ou le Château Canulet. On peut en passant se payer une petite excursion de pêche, payer en rubis pour utiliser la machine à pince pour récolter un cadeau, descendre la Rivière tumultueuse pour attraper des objets précieux. Possibilité intéressante, on peut se promener d’un lieu découvert à un autre par téléportation, ce qui évite les longs déplacements.

Comme dans les bons vieux jeux en 2D, on est coincé dans des couloirs qu’il faut longer, affrontant des ennemis fantastiques comme les Moblins, les Octoroks et les éternels Goombas. Tout au long de la quête, un hibou donne des indications sur le chemin à suivre et des amis comme Marin, Pépé le Ramollo et Igor vous aident à trouver les clés des énigmes.

Fini le couloir

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Les capacités de combat de Link se résument essentiellement à trois possibilités : frapper avec son arme, surtout l’épée, se défendre avec le bouclier et lancer des objets ou des poules ! -trouvés en chemin. On apprend à charger son arme pour effectuer une « attaque tourbillon » et à sauter dans les airs quand on a obtenu la plume de Roc. Ce qui a bien changé depuis le Game Boy, c’est qu’il est maintenant plus complexe d’effectuer ces actions dans un monde en 3D : on choisit l’angle d’attaque des Moblins, monter un escalier n’est pas linéaire et contourner les pièges se fait de plusieurs façons.

Ces nouvelles possibilités rendent notamment les donjons, dans lesquels on affronte des « boss » sans pitié, bien plus palpitants. Nouveauté remarquable : on obtient une récompense à chaque donjon terminé qui permet d’en concevoir un tout à fait original, un « donjon-mosaïque » qu’on peut rendre accessible aux autres joueurs. Le nôtre manquait nettement de cohérence, mais la possibilité est bien amusante.

Détail important, les deux boutons du Game Boy sont maintenant quatre, ce qui permet entre autres d’affecter les touches X et Y à d’autres fonctions comme la plume, les bombes, l’arc, le grappin, la pelle ou le Flacon à fée. Bien plus simple que d’aller les chercher à tout bout de champ dans l’inventaire.

Mécanique et réflexion

Les jeux simples où on doit se frayer un chemin entre des ennemis et des pièges, on connaît bien depuis Mario Bros. Là où The Legend of Zelda : Link’s Awakening surprend, c’est que certaines étapes ne peuvent être franchies si on ne dispose pas de la bonne clé ou de l’objet magique approprié. Et les trouver ne se résume pas au fait d’avancer en frappant dans le tas, mais demande de la réflexion, et parfois de la chance.

C’est ce qui nous a le plus séduit de ce jeu. Derrière la mécanique qui semble enfantine et des combats qui peuvent devenir répétitifs, avoir à se creuser les méninges pour trouver la clé, LA bonne façon de franchir un tableau amène le jeu à un autre niveau. Nous avons maintes fois pesté pour trouver la clé, la formule ou la façon de franchir un obstacle, ce qui est bon signe, surtout quand on finit par trouver la solution.

Un bon remake, donc, qui plaira autant aux nostalgiques du jeu sur Game Boy qu'aux nouveaux fans de l’univers Nintendo.

The Legend of Zelda : Link’s Awakening

Développeur : Grezzo

Joueurs : 1

Prix : 79,99 $

Classement : Enfants et adultes, légère violence fictive

Note : 4 sur 5

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