Deux ans après avoir obtenu un financement record de 137 millions dans le secteur de l’intelligence artificielle, l’entreprise montréalaise Element AI a annoncé ce vendredi matin avoir amassé plus de 200 millions avec l’appui de nouveaux investisseurs, dont la Caisse de dépôt et placement du Québec et le gouvernement du Québec.

Karim Benessaieh Karim Benessaieh
La Presse

Cet investissement, précise-t-on par communiqué, permettra à Element AI d’accélérer le déploiement et la commercialisation de ses solutions pour les entreprises. Comme le rapportait La Presse, ce n’est qu’en avril dernier, après deux ans de recherches et d’investissements, que la jeune entreprise fondée par Yoshua Bengio et Jean-François Gagné a commencé à offrir des plateformes « clé en main » à ses clients.

« L’opérationnalisation de l’IA est actuellement le défi le plus difficile de l’industrie, et peu d’entreprises ont réussi à sortir les essais-pilotes des laboratoires et à les intégrer stratégiquement dans leurs opérations pour influencer concrètement les affaires, a déclaré par communiqué M.  Gagné, PDG d’Element AI. Nous sommes fiers de travailler avec nos nouveaux partenaires qui comprennent bien ce défi, et de tirer parti de l’expertise de chacun pour commercialiser des solutions d’IA. »

Investisseurs et tempête

Outre la CDPQ et Québec, on compte parmi les nouveaux investisseurs McKinsey & Company, décrite comme « une entreprise mondiale de conseil en gestion » qui possède notamment la firme spécialisée en IA QuantumBlack. D’autres investisseurs de la première heure sont de retour, notamment Data Collective, la Banque de développement du Canada (BDC) et Real Ventures. Au total, indique-t-on, Element AI a recueilli à ce jour 275 millions de dollars américains, soit 340 millions CAD.

Cette annonce survient au terme d’un mois tumultueux chez Element AI, alors que plusieurs reportages dans les médias ont soulevé des doutes sur la gestion de l’entreprise, qui compte un demi-millier d’employés, mais n’aurait eu que des revenus de 10 millions en 2018, selon le Globe and Mail. Le site The Logic a en outre rapporté que la conclusion du plus récent financement avait piétiné en raison des négociations entourant la prime de départ de son PDG, Jean-François Gagné. Chez Element AI, on a dénoncé ce matin cet article qui contiendrait « un nombre inquiétant de fausses informations et de faussetés », assurant que M. Gagné ne quittait pas l’entreprise. Celui-ci a décliné les demandes d’entrevue de La Presse.