(Budapest) Les sanctions décrétées par le gouvernement de Donald Trump contre le géant chinois des télécoms Huawei « frappent davantage l’économie américaine que l’entreprise », a assuré lundi un haut responsable de Huawei à Budapest.

Agence France-Presse

« L’Amérique a davantage besoin de Huawei qu’Huawei de l’Amérique », a assuré à la presse Andy Purdy, responsable de la sécurité pour la filiale américaine du groupe, en marge d’une conférence des industriels de la télécommunication, dans la capitale hongroise.

Huawei, numéro deux mondial des téléphones intelligents, considéré comme le leader de la technologie 5G, s’est vu inscrire sur une liste noire par l’administration Trump, soupçonné de fournir un accès aux services de renseignement chinois, ce que le groupe dément.  

Washington a décidé d’interdire aux entreprises américaines de vendre des produits technologiques au groupe chinois.

« Nous empêcher d’acheter auprès des sociétés américaines va faire beaucoup de tort à l’Amérique », estime M. Purdy, pour qui Huawei « se retrouve au centre d’une lutte géopolitique entre la Chine et les États-Unis ». « Potentiellement, 40 000 emplois sont directement menacés au sein des entreprises (américaines) », car « 30 % des composants que nous utilisons globalement proviennent des États-Unis », a-t-il ajouté.

Le deuxième fournisseur mondial de téléphones affirme également ne pas être dépendant des clients américains et « avoir connu un succès extraordinaire sans pénétration significative du plus grand marché du monde, celui des États-Unis ».

Washington craint que Huawei ne fournisse à Pékin un moyen d’espionner les communications des pays qui utilisent ses produits et services.

Andy Purdy a plaidé pour que « les vérifications concernent tout le monde », pas uniquement Huawei et pour que des « normes » objectives et transparentes visant à savoir « quel équipement est digne de confiance » soient établies au niveau international.

Il n’y a aucune preuve que Huawei se soit adonné à « des actes répréhensibles » ou que le groupe soit « soumis à l’influence illégitime du gouvernement chinois », a-t-il affirmé.