(Berlin) Le patron du géant chinois Huawei, dont le groupe est devenu la bête noire des États-Unis, a chanté les louanges du président américain Donald Trump, tout en lui conseillant d’adoucir ses méthodes.  

Agence France-Presse

« Le président Donald Trump est formidable, il a réussi à imposer des réductions d’impôts en très peu de temps », a déclaré Ren Zhengfei dans un entretien publié mercredi par le quotidien économique allemand Handelsblatt, appelant même Pékin à s’inspirer de M. Trump, réputé sensible aux compliments.  

« Mais s’il continue à intimider d’autres pays et des sociétés étrangères, ils investiront moins aux États-Unis et sa politique de réduction des impôts serait alors beaucoup moins efficace », a relevé le patron chinois.  

Ces propos interviennent alors que l’administration Trump mène une campagne intense pour convaincre ses principaux alliés de ne pas utiliser la technologie du fabricant chinois, par crainte qu’il permette ensuite aux services de renseignement chinois d’avoir accès aux communications 5G. Huawei nie ces accusations en bloc.

« Si nous construisons une porte dérobée dans l’un de nos équipements, nous mettons en péril nos marchés dans plus de 170 pays. Ce serait pire que la mort pour moi », a fait valoir une fois de plus le dirigeant du groupe.  

Il a même « exhorté le gouvernement chinois à signer un accord de non-espionnage avec l’Allemagne, dans lequel Pékin pourrait également s’engager à respecter le règlement général de l’UE sur la protection des données ».

Du fait de son avance technologique, le géant chinois est devenu un leader incontestable de la nouvelle génération ultrarapide de l’internet mobile (5G). Et se passer de son expertise risque de freiner le développement de cette technologie cruciale en Europe.

Dès lors, la France et l’Allemagne essayent de renforcer leur législation et charte de sécurité pour se prémunir de tentatives d’espionnages chinoises, mais n’ont pas exclu de recourir au savoir-faire de Huawei.

Interrogé dans ce contexte sur le sort de sa fille, Meng Wanzhou, directrice financière du géant chinois Huawei emprisonnée au Canada depuis le 1er décembre pour violations de sanctions contre l’Iran et vol industriel, Ren Zhengfei a dit considérer sa fille comme « un otage politique ».