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Série-PME

De local à mondial: exporter? Oui, mais...

Éric Tétrault, président de Manufacturiers et exportateurs du... (PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE)

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Éric Tétrault, président de Manufacturiers et exportateurs du Québec, plaide pour un recentrage de l'offre d'accompagnement à l'exportation.

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE

Marie Lambert-Chan

Collaboration spéciale

La Presse

Bien des entrepreneurs rêvent de percer les marchés étrangers. Les contraintes à l'exportation demeurent toutefois nombreuses et, en cette matière, le Québec est parfois son pire ennemi.

Les nouvelles sont bonnes pour les entreprises aux ambitions internationales. L'économie américaine continue de prendre du mieux. Le Canada et l'Union européenne ont signé leur accord de libre-échange. La Chine maintient quant à elle une croissance élevée. Et le gouvernement québécois mise sur l'exportation. «Depuis son entrée en poste, le ministre de l'Économie, Jacques Daoust, en a parlé dans chacun de ses discours, déclare avec satisfaction Éric Tétrault, président de Manufacturiers et exportateurs du Québec (MEQ). Cela dit, il faut maintenant voir comment seront gérés les défis liés à l'exportation qui restent nombreux pour nos PME - dont la croissance passe désormais par l'international.»

Les politiques protectionnistes, les tarifs douaniers, les normes sécuritaires et la méconnaissance des pratiques d'affaires à l'étranger sont autant d'embûches qui se dressent sur le parcours de l'exportateur. Mais avant même d'en arriver là, l'entrepreneur doit souvent composer avec des problèmes à l'intérieur de ses propres frontières.

Contraintes internes

L'aide fiscale incertaine est un frein important selon les entreprises rencontrées sur le terrain, rapporte Éric Tétrault. «La prévisibilité fiscale est essentielle pour elles, car leur planification s'échelonne sur plusieurs années, rappelle-t-il. Les récents changements de gouvernement ont compliqué les choses. On espère qu'avec un gouvernement majoritaire, on ne révisera pas l'aide fiscale année après année.»

Autre source de frustration pour les entrepreneurs : l'inadéquation entre l'offre de formation et les besoins du marché du travail. «Des entreprises en viennent à ne plus considérer les marchés étrangers parce qu'elles n'ont pas la main-d'oeuvre qualifiée pour y parvenir, observe Éric Tétrault. Je pense par exemple aux mécaniciens industriels qui sont très recherchés, mais qui sont moins formés qu'avant.»

Les entrepreneurs eux-mêmes sont souvent carrément mal préparés à faire des affaires à l'échelle internationale. «Le manque de planification est l'un des premiers dangers qui les guettent», remarque Carl Viel, président-directeur général de Québec international, une agence de développement économique qui soutient les entreprises de la région de Québec. «Il faut d'abord évaluer sa capacité à exporter, puis y mettre du temps, des ressources financières et du personnel, poursuit-il. Il faut aussi trouver des spécialistes aptes à nous aider à conquérir de nouveaux marchés.»

Recentrer l'offre d'accompagnement

Malheureusement, c'est souvent là que le bât blesse, selon Éric Tétrault. «Il y a beaucoup, beaucoup d'organisations qui aident à l'exportation et ça crée une certaine confusion», affirme-t-il.

Résultat : les entrepreneurs ne savent pas toujours à qui s'adresser. «Ils peuvent consulter leur centre de développement local, une Société d'aide au développement des collectivités, la Banque du développement du Canada, Export Québec, Exportation et développement Canada et j'en passe», illustre-t-il en plaidant pour un «recentrage de l'offre d'accompagnement à l'exportation».

Les entrepreneurs d'ici ont soif d'un coup de pouce concret, comme l'a noté le Regroupement des jeunes chambres de commerce du Québec (RJCCQ). «Les gens d'affaires qui participent à nos missions commerciales apprécient surtout les rencontres avec des entrepreneurs québécois implantés à l'étranger parce qu'ils leur fournissent des renseignements pratico-pratiques ou des contacts», explique Christian Bélair, président-directeur général du RJJCQ. Le Regroupement recréera cette dynamique avec la plateforme numérique Diaspora Québec qui sera lancée à la fin du mois d'octobre.

Au-delà de l'accompagnement à l'exportation, Éric Tétrault estime que le gouvernement doit faire un effort de pédagogie auprès des PME. «Si on met vraiment le cap sur l'exportation, il faut informer clairement les entrepreneurs sur les occasions d'affaires à l'étranger, les produits en demande et la manière de percer les marchés internationaux», signale-t-il. Tout cela lui laisse dire que le Québec est sans doute mûr pour un «sommet sur l'exportation».

En chiffres

65,6 milliards

Valeur des exportations de marchandises du Québec en 2013, en hausse de 3,2% par rapport à 2012. Cette valeur s'élevait toutefois à 73,2 milliards en 2006.

13,9%

Part du Québec dans les exportations canadiennes en 2013.

7,6 milliards

Valeur des produits aérospatiaux exportés par le Québec. C'est la principale industrie exportatrice de la province, suivie par celle de l'aluminium.

71%

Part des exportations québécoises destinées aux États-Unis en 2013.

2

En 5 ans, la Chine est passée du 5e au 2e rang des destinations d'exportation du Québec.

Sources: Manufacturiers et exportateurs du Québec et Québec international




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