Sociétés minières et petits commerces s'arrachent les employés dans le Nord

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La mine Raglan a créé une mine-école pour favoriser la formation et le recrutement de la main-d'oeuvre.

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Le Plan Nord a connu plusieurs moutures depuis son lancement en grande pompe, en 2011. Deux ans après la création de la Société du Plan Nord, quel bilan peut-on dresser ? Le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles, responsable du Plan Nord, fait le point. »

Nathalie Côté

Collaboration spéciale

La Presse

Le territoire du Plan Nord n'échappe pas à la rareté de la main-d'oeuvre. À elle seule, l'industrie minière devra pourvoir 16 000 postes dans les 10 prochaines années !

« Les sociétés minières recherchent de nouvelles ressources actuellement, constate Josée Méthot, présidente-directrice générale de l'Association minière du Québec. Le développement des nouveaux projets sur le territoire du Plan Nord va amplifier la problématique actuelle. »

L'industrie déploie donc des efforts pour recruter davantage, notamment chez les femmes et les Premières Nations. Elle mise aussi sur la formation. « La mine Raglan a récemment été récompensée pour ses programmes d'intégration et de formation des Inuits, indique Mme Méthot. Il y a même une mine-école sur leur site. »

L'automatisation est une autre piste de solution. En Australie, par exemple, des camions autonomes travaillent dans les mines, selon Mme Méthot.

Minerai de fer Québec, qui vient de redémarrer la mine du lac Bloom à Fermont, mise notamment sur ses installations conviviales.

« Nous avons un gym, des simulateurs de golf, des tables de billard, des salles de musique avec des instruments. »

- David Catafort, chef de l'exploitation

L'entreprise offre aussi la possibilité de faire du navettage, communément appelé « fly in, fly out ».

À Chibougamau, un projet-pilote avec la mine Stornoway Diamond vise à recruter de la main-d'oeuvre spécialisée à l'étranger. « On commence petit avec deux postes, explique la mairesse, Manon Cyr. On pourra en combler davantage et étendre l'initiative à d'autres entreprises si cela fonctionne bien. »

AUTRES SECTEURS TOUCHÉS

Avec un salaire moyen de plus de 96 000 $ par an, l'industrie minière est particulièrement attrayante. Cela complexifie le recrutement dans les autres secteurs d'activité.

« C'est difficile pour tout le monde. Une cuisinière qui travaille en fly in, fly out à la mine avec un bon salaire, c'est sûr que le restaurant devient moins intéressant pour elle », souligne Manon Cyr, mairesse de Chibougamau.

D'ailleurs, au McDonald's de Chibougamau, différentes expériences ont été tentées afin d'attirer des travailleurs. Il y a quelques années, le restaurant a recruté au Maroc. « Ça s'est bien passé, mais nous avons abandonné ce projet en raison de sa complexité et des frais », indique Louis-Michel Bradette, propriétaire.

Ensuite, le restaurateur a installé certains employés du Saguenay-Lac-Saint-Jean dans un pied-à-terre à Chibougamau, un peu sur le modèle des minières.

« On fait aussi attention à nos employés et on essaie de cibler les meilleures personnes pour avoir une meilleure rétention. »

- Louis-Michel Bradette

La situation est difficile pour plusieurs entreprises, selon Sylvain Bellisle, président de la Chambre de commerce de Chibougamau-Chapais. « Plusieurs travailleurs abandonnent le commerce de détail pour les mines, constate l'homme qui est aussi directeur d'un centre commercial. Ce secteur est déjà durement touché par les achats en ligne. Une boutique a fermé ses portes directement à cause de la pénurie de main-d'oeuvre. »

En 2017, le taux de chômage sur la Côte-Nord et dans le Nord-du-Québec était de 6 %. C'est l'un des plus bas enregistrés pour ces régions depuis 1987, selon Emploi-Québec.

TERRITOIRE DU PLAN NORD

120 000 habitants

33 % d'autochtones

Taux de chômage (Côte-Nord et Nord-du-Québec en mars 2018) : 5,1 %

Deux plus grandes villes : Sept-Îles (25 205 habitants) et Baie-Comeau (21 293 habitants)

Sources : Société du Plan Nord et Institut de la statistique du Québec




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