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One Drop: mieux apporter l'eau au moulin

Mme Catherine Bachand, chef de la direction et...

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Mme Catherine Bachand, chef de la direction et Mme France Chrétien-Desmarais, vice-presidente du conseil de la fondation ONE DROP.

Marc Tison
La Presse

Pour favoriser l'accès à l'eau potable, mieux vaut ne pas diluer ses efforts.

C'est la conclusion à laquelle est arrivée la fondation One Drop.

L'organisme fondé par Guy Laliberté en 2007 a délaissé ses activités de sensibilisation à l'utilisation sensée et mesurée de l'eau sur le continent nord-américain.

Au terme d'un plan stratégique de cinq ans, elle se concentrera sur ses projets d'accès à l'eau potable dans les régions en voie de développement.

Cette réorientation a été réalisée à l'instigation de la vice-présidente du conseil France Chrétien Desmarais, avec l'aide de la firme de conseillers de gestion des affaires McKinsey.

Il s'agissait de préciser en quoi One Drop se distinguait et de s'assurer que ses investissements procurent le maximum d'impact.

«On n'est pas là pour réinventer la roue, on est là pour faire avancer la roue et apporter de l'eau au moulin, exprime France Chrétien Desmarais. Et on a trouvé la niche où on pouvait être le plus efficace pour aider le secteur de l'eau à avancer.»

L'étude réalisée en 2012 avec la firme McKinsey - pro bono, gratuitement, tient-elle à souligner - a montré que le plus grand enjeu était la pérennité des infrastructures installées dans le cadre d'un projet d'accès à l'eau. «Entre 30 et 50% des infrastructures ne sont plus en activité en moins de 12 mois», indique Catherine Bachand, chef de la direction de la fondation.

Par comparaison, le projet One Drop au Nicaragua montrait après sept ans un taux de réussite de 85%.

D'où provenait ce succès?

L'art est-il soluble dans l'eau?

One Drop a mis sur pied une approche spécifique, dite ABC, qui veut fonder durablement les transformations qui donneront accès à l'eau potable.

Le volet A, pour «accès», consiste à fournir à la communauté l'infrastructure la plus appropriée à ses besoins - puits, canalisations, pompe, filtration...

Le volet B, pour «bénéfice», veut aider les villageois à tirer des revenus de ces nouvelles installations en aidant au financement d'activités dérivées: agrandissement des parcelles, production de légumes, aquaculture...

Il s'agit en quelque sorte de créer le moulin auquel One Drop amène son eau.

Mais c'est surtout le volet C, pour «comportement», qui fait la marque distinctive de One Drop. Inspirée par le programme de réintégration des jeunes que le Cirque du Soleil a mis sur pied, One Drop utilise diverses formes d'art social - théâtre, cirque, musique, marionnettes - pour initier et sensibiliser les bénéficiaires aux usages les plus appropriés.

Un puits est creusé, une pompe est installée, mais les villageois transportent l'eau dans des contenants contaminés? «On a pu, dans des pièces de théâtre ou des ateliers, leur démontrer ce qu'ils devaient changer dans leurs façons de faire», décrit Catherine Bachand.

One Drop consacrera désormais ses meilleurs efforts à cette approche, qui a attiré l'intérêt des pairs et la reconnaissance d'organisations comme l'ONU.

«Il est beaucoup plus facile d'engager les gens quand c'est le fun, lance Catherine Bachand. Personne n'a dit que changer le monde devait être plate.»

À la source de One Drop

«On...»

«Nous...»

Quand France Chrétien Desmarais défend la fondation One Drop, la cause l'habite, elle l'endosse, elle y croit.

«J'ai été très impliquée depuis le début de cette grande aventure», explique la vice-présidente du conseil d'administration présidé par Guy Laliberté.

Elle a aidé l'entrepreneur à canaliser vers l'eau ses intentions philanthropiques.

«Il avait un montant en tête et il voulait aider à changer le monde. Il m'a donné un coup de fil un matin en me demandant si je pouvais l'aider, raconte-t-elle.

«Au début, c'était au travers de la Fondation Guy Laliberté. On essayait d'isoler exactement ce qu'il voulait toucher avec sa fondation. Et pour tous les points qui lui étaient très chers - la pauvreté, la famine, la santé -, c'était l'eau qui était à l'origine de toutes les problématiques. Alors on a décidé de s'en aller vers l'eau. C'est comme ça qu'est née One Drop.»

Présidente depuis février 2014 de la Société des célébrations du 375e anniversaire de Montréal (et mariée au président délégué du conseil, président et co-chef de la direction Power Corporation, propriétaire de La Presse), elle a dirigé de nombreuses fondations et organisations - une carrière en philanthropie, en quelque sorte.

«Ç'a toujours été très présent dans mon éducation, parce que le monde dans lequel j'ai été élevée est vraiment un monde porté vers les gens, confie-t-elle. On veut aider les gens. La politique, c'est ça: c'est aider le monde à avancer.»

Toutefois, avec One Drop, «c'était la première fois que j'étais à la barre de quelque chose qui n'existait pas. Il fallait créer les modèles».

Tout était à bâtir.

Une première: campagne Plus de premières

Depuis le 3 novembre, une efficace (parce que touchante) vidéo de 30 secondes diffusée sur l'internet invite les particuliers à contribuer au financement de One Drop.

Avec une trame narrative toute simple, sous le titre Plus de premières, le clip sensibilise les gens aux conséquences du manque d'eau potable sur les tout jeunes enfants.

«L'idée est un peu ça: toucher le coeur des gens sans être trop rationnel, explique Catherine Bachand. On raconte l'histoire des mères comme elle se vit partout dans le monde. C'est un phénomène universel.»

Jusqu'à présent, la fondation n'avait jamais compté sur les dons du public, qui n'ont procuré que 3% des 14 millions $US recueillis en 2014.

«C'est la première fois qu'on lance une campagne grand public, souligne France Chrétien Desmarais. On a toujours un petit bouton de donation sur notre site internet, mais rien dont on ait fait la promotion.»

Près de la moitié des fonds proviennent de contributions de sociétés partenaires, de fondations privées ou d'importants donateurs individuels. L'autre moitié est le fruit d'événements-bénéfice, notamment la soirée One night for One Drop, organisée à Las Vegas par les employés du Cirque du Soleil.

Pour voir la campagne Plus de premières: www.onedrop.org/fr/campagne

ONE DROP EN QUELQUES GOUTTES

> Fondation: 2007

> 38 employés (35 à Montréal, 3 à Las Vegas)

> 9 pays: Nicaragua, Honduras, Salvador, Haïti, Guatemala, Mexique, Burkina Faso, Mali, Inde

En 2014

> Revenus: 14,1 millions $US

Attribution des fonds

> Programmes: 42%

> Réserve pour futurs programmes: 27%

> Excédents non affectés: 10%

> Génération de revenus: 14%

> Administration: 7%




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