Refonte de programmes, développement de spécialités, formules d'enseignement revues, choix de nouveaux axes stratégiques, besoins récemment identifiés chez des employeurs: les MBA (Master of Business Administration) sont constamment en évolution dans les universités québécoises. Coup d'oeil sur quelques tendances actuelles.

Publié le 30 sept. 2015
Martine Letarte LA PRESSE

SCIENCES COMPTABLES

L'École des sciences de la gestion (ESG) de l'Université du Québec à Montréal (UQAM) offrira un MBA en sciences comptables dès l'automne prochain. Les étudiants avec un titre de comptable professionnel agréé (CPA) pourront se faire créditer certains cours. « La demande est présente pour ce programme, alors nous démarrerons une cohorte par année, voire deux s'il le faut », indique Guy Cucumel, directeur du MBA pour cadres à l'ESG UQAM. Ce programme remplace le MBA pour cadres dans le domaine auparavant offert en partenariat avec l'Ordre des comptables en management accrédités. Ce nouveau programme vise maintenant particulièrement des gens en début de carrière. L'ESG UQAM propose également les MBA spécialisés sciences et génie, puis conseil en management.

GESTION DE PROJET

Plusieurs spécialités de MBA sont offertes à l'Université Laval et la dernière, arrivée l'an dernier, est la gestion stratégique de projets. 

« Cette demande revenait souvent, notamment de la part d'ingénieurs et de gens en informatique, et le recrutement d'étudiants se déroule très bien. »

- André Gascon, directeur des programmes de MBA à l'Université Laval

Le programme a commencé avec 23 étudiants et ils sont maintenant près de 110 au total. L'Université Laval offre plusieurs cours en ligne et hybrides depuis de nombreuses années et ses MBA ne font pas exception. Le MBA pour cadres est aussi offert maintenant en version hybride avec des activités en classe un samedi sur deux.

MÉGADONNÉES

Les mégadonnées (big data) sont omniprésentes dans les entreprises, et les étudiants au MBA de l'Université McGill sont de plus en plus formés dans le domaine. Un atelier leur sera présenté en novembre sur le sujet, en plus du cours optionnel offert depuis l'an dernier. « Ce cours est l'un des plus populaires, et nous continuons à développer de la formation dans le domaine », affirme Don Melville, directeur des programmes de MBA à l'Université McGill. « Les entreprises doivent de plus en plus gérer des données et elles souhaitent avoir des gens capables de les analyser, de les interpréter de façon à savoir comment elles influenceront l'entreprise », indique Marie-José Beaudin, directrice du Centre de carrières de la faculté de gestion Desautels.

MULTIGÉNÉRATIONNEL

Les organisations sont de plus en plus multigénérationnelles, et l'Université du Québec en Outaouais (UQO) reflétera cette réalité dans son nouveau MBA. Des jeunes fraîchement diplômés en gestion et des cadres expérimentés se retrouveront dans la même classe. 

« Les équipes de travail comprendront aussi des jeunes et des cadres pour créer une synergie, pour que chacun apprenne de l'autre. »

- Jan Saint-Macary, responsable du programme de MBA à l'UQO

« Ce sera aussi un défi de donner des cours dans un milieu hétérogène, mais nous sommes convaincus que le résultat sera intéressant. D'ailleurs, Harvard a aussi lancé un programme semblable », explique M. Saint-Macary. Au départ prévu pour l'automne, le MBA commencera cet hiver à Gatineau.

COMPÉTENCES TRANSFÉRABLES

Des gestionnaires compétents, des leaders inspirants et des stratèges créateurs de valeur : voilà ce que recherchent les employeurs chez les diplômés du MBA, d'après l'Université de Sherbrooke (UdeS), et c'est ce qui a guidé la refonte de ses programmes. Les étudiants au MBA travaillent avec une entreprise virtuelle de fabrication de chaussures. « Une partie de la production se fait ici, une autre en Chine, chaque employé a son dossier, il y a une occasion de changer d'équipement: les étudiants doivent gérer l'entreprise, et les professeurs les aident à faire des liens entre leurs connaissances », explique Jean-François Guertin, directeur des programmes de MBA à l'UdeS. La rentabilité de l'entreprise sera évaluée ainsi que les fondements des décisions.

FLEXIBILITÉ

Entreprendre un MBA à temps plein, décrocher l'emploi souhaité et continuer ses études à temps partiel. Ou faire le contraire. Les aléas de la vie font en sorte que les étudiants au MBA apprécient la flexibilité des formules d'enseignement. C'est le cas à l'Université Concordia. « Nous mélangeons les étudiants à temps partiel et à temps plein et nous acceptons les inscriptions pour l'automne comme l'hiver », explique Sandra Betton, directrice du programme de MBA à Concordia. Cette flexibilité amène aussi une plus grande variété d'étudiants dans les cours de jour et de soir. 

« Certains ont une très grande expérience de travail au Québec, d'autres sont des nouveaux arrivants ou des étudiants étrangers et cela assure une richesse dans les échanges. »

- Sandra Betton, directrice du programme de MBA à Concordia

EMPLOYABILITÉ

Le programme de MBA est important, mais l'employabilité des étudiants l'est tout autant. Lorsque HEC Montréal a lancé son nouveau programme intégré par modules, elle a aussi changé son calendrier pour faciliter l'embauche des finissants. Louis Hébert, directeur pédagogique du MBA à HEC Montréal, se dit mission accomplie. « La première cohorte d'étudiants à temps plein a terminé au début de juin, et nous avons vu l'intérêt d'un plus large panorama d'employeurs, dont plusieurs sont venus passer des entrevues sur le campus », indique-t-il. Auparavant, les étudiants terminaient le programme en septembre. Dans les modules du nouveau programme, plusieurs professeurs interviennent, et l'étudiant se plonge dans de grands enjeux proches de la réalité du gestionnaire.

LE MBA AU QUÉBEC EN CHIFFRES

11 Universités offrent des programmes de MBA ou de MBA pour cadres au Québec

• Université McGill 

• HEC Montréal 

• Université Concordia 

• Université du Québec à Montréal 

• Université Laval 

• Université de Sherbrooke 

• Université du Québec à Chicoutimi 

• Université du Québec à Trois-Rivières 

• Université du Québec à Rimouski 

• Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue 

• Université du Québec en Outaouais 

Le MBA à l'Université de Sherbrooke

Nombre d'années d'expérience de travail en moyenne des étudiants: 8

Nombre moyen de diplômés par année: 150

Proportion de femmes: 43 %

Salaire annuel des diplômés après trois mois: 75 000 $ 

Le MBA à HEC Montréal

Nombre d'années d'expérience de travail en moyenne des étudiants: 7

Nombre de diplômés par année: environ 135

Proportion de femmes: 36 %

Revenu annuel total moyen des diplômés après trois mois: 93 655 $

Le MBA pour cadres à l'ESG-UQAM

Nombre d'années d'expérience de travail en moyenne des étudiants: 15 ans, dont près de 10 comme cadre

Nombre de diplômés par année: environ 120

Proportion de femmes: 40 %

Revenu des diplômés après six mois: environ 90 000 $

Le MBA à l'Université McGill

Nombre d'années d'expérience de travail en moyenne des étudiants: 5

Nombre de diplômés par année: environ 90

Proportion de femmes: 35 %

Salaire annuel de base des diplômés après trois mois: plus de 90 000 $

Le MBA à l'Université Concordia

Nombre d'années d'expérience de travail en moyenne des étudiants: 5

Nombre de diplômés par année: 100

Proportion de femmes: 32 %

Salaire annuel de base des diplômés après trois mois: 78 000 $

Le MBA à l'Université Laval

Nombre d'années d'expérience de travail en moyenne des étudiants : 5

Nombre de diplômés par année: près de 400

Proportion de femmes: 45 %

Revenu des diplômés après six mois: près de 57 000 $