C'est unique en son genre au Canada et c'est encore méconnu: l'UQAM offre un MBA pour cadres spécialisés en entreprises collectives.

Martine Letarte, collaboration spéciale LA PRESSE

«C'est très intéressant pour les gens qui travaillent notamment dans des coopératives, des fondations, des mutuelles et des organisations de développement local», indique d'emblée Marie J. Bouchard, professeure au département d'organisation et ressources humaines de l'ESG-UQAM, qui a fondé le programme en 2000.

Le programme a été conçu en partant du principe que les gestionnaires d'entreprises collectives ne sont pas confrontés aux mêmes réalités que ceux d'entreprises qui recherchent le profit. Par exemple, la gestion des ressources humaines dans une entreprise collective doit souvent inclure des gens qui sont salariés, mais aussi des bénévoles.

Le conseil d'administration a aussi son caractère particulier dans une entreprise collective.

«Il est souvent composé d'usagers et de représentants de la communauté qui sont désintéressés au sens économique du terme, précise Mme Bouchard. Par contre, ils sont grandement intéressés à la mission sociale de l'entreprise. C'est très différent d'un conseil d'administration d'une grande compagnie où les critères de performance se limitent souvent à valoriser le prix de l'action.»

La prédominance de la mission sociale ne vient tout de même pas éliminer l'importance de maintenir un bon équilibre budgétaire. «Les gestionnaires d'entreprises collectives doivent évidemment bien gérer les ressources financières qui viennent de différentes sources, comme des ventes, des contrats de service, des dons, etc. C'est essentiel pour assurer la survie de l'organisme», ajoute-t-elle.

Ainsi, Marie J. Bouchard souligne à quel point les entreprises collectives peuvent être complexes à gérer même si elles ne sont pas toujours de taille imposante. Il semble donc que le besoin de formation soit bien réel. «Toutefois, le programme est encore méconnu, précise-t-elle. Bien des gens dans les milieux communautaires et coopératifs ne s'imaginent pas qu'un programme de MBA pour cadres a été conçu pour eux.»