On parle souvent du MBA comme d'un grand programme phare qu'on offre dans différentes universités et écoles de gestion dans le monde. Vrai, mais le MBA se décline maintenant en différentes spécialités.

Martine Letarte, collaboration spéciale LA PRESSE

L'UQAM offre le MBA sciences et génie, de même que le MBA conseil en management. On y offre aussi un MBA pour cadres (EMBA) général et des spécialisés comme celui en immobilier ou celui en gestion de la technologie.

On y retrouve aussi un EMBA spécialisé en entreprises collectives.

Volet social

Le volet social est d'ailleurs en vogue dans les différents programmes de MBA.

L'université Concordia a développé récemment un cours optionnel qui permet aux étudiants de réaliser un projet avec un organisme à but non lucratif.

À HEC Montréal, plusieurs cours ont aussi été développés en responsabilité sociale et environnementale des entreprises.

McGill offre, pour sa part, un programme conjoint en médecine et management ainsi qu'un programme particulier pour les gestionnaires actifs dans le secteur de la santé créé par le professeur de réputation internationale Henry Mintzberg.

Bref, chacun peut trouver chaussure à son pied.

Mais avec cette diversité, risque-t-on de perdre l'essence du MBA?

«C'est certain qu'il faut éviter que les gens ne sachent plus de quelle formation il est question», affirme Joëlle Charpentier, conseillère en ressources humaines agrées (CRHA), MBA et associée chez Maletto et Associés, services-conseils en développement organisationnel.

Toujours la cote

Est-ce que le MBA a toujours bonne réputation dans les entreprises?

«Oui, tout à fait, croit Mme Charpentier. Ça ouvre des portes et ça contribue à donner de la crédibilité. En un sens, ça compense le manque de cheveux gris!»

Vérification faite auprès d'Hydro-Québec: il semble qu'effectivement le MBA ait toujours la cote.

«Plusieurs postes exigent un diplôme d'études supérieures chez nous et le MBA est très bien dans certains contextes. Par exemple, prenons l'exemple de quelqu'un qui a un profil très technique. S'il va faire un MBA, il ira chercher tout un volet développement des affaires qui sera vu d'un très bon oeil», affirme Guy Litalien, porte-parole chez Hydro-Québec.

Même chose chez Deloitte, où le MBA est particulièrement recherché au service de consultation.

«Notre embauche de gens possédant un MBA a même augmenté pendant les cinq dernières années. Nous les ciblons parce que ce sont des gens qui ont une certaine expérience, une maturité et une crédibilité. Le programme leur donne une compréhension du monde des affaires qui leur permet de donner rapidement de la valeur ajoutée à nos clients», affirme Patricia Salverda, directrice nationale, ressources humaines pour le service de consultation, chez Deloitte.

Joëlle Charpentier apporte toutefois un bémol.

«Lorsque je parle à des baby-boomers, indique-t-elle, je me rends compte que la réputation du MBA a changé avec le temps. Auparavant, c'était quelque chose de très rare et c'était vraiment associé à l'élite. Maintenant, c'est plus commun.»