Après avoir séduit le marché canadien, Cicame Énergie veut se faire une place aux États-Unis. En 2012, l'entreprise a investi 8,7 millions à Saint-Hubert pour tripler sa production et créer son propre laboratoire de recherche et développement.

Mis à jour le 19 sept. 2012
Didier Bert, collaboration spéciale LA PRESSE

En 2000, le groupe français Sicame faisait ses premiers pas en Amérique du Nord. Il envoyait quatre employés établir une filiale à Saint-Hubert avec une mission précise: acquérir ses premières parts de marché dans la distribution d'accessoires pour les réseaux de distribution électrique. Hydro-Québec devenait alors naturellement le client principal de Cicame Énergie.

Douze ans plus tard, la petite filiale est devenue grande: elle s'apprête à dépasser la centaine de salariés. Entre-temps, Cicame Énergie a débordé le marché québécois et a réussi à faire ses preuves dans l'ensemble du marché canadien. «Hydro-Québec reste un client majeur. Mais en 2012, il sera notre quatrième client au Canada», affirme Frank Willier. Plus de 90% de la production réalisée à Saint-Hubert est désormais exportée dans le reste du Canada et aux États-Unis.

Trois pôles

La gamme de produits s'étend sur trois pôles: les accessoires pour les réseaux de transport d'électricité, le matériel pour les réseaux aériens et souterrains de distribution et les équipements de protection individuels.

Conquis par la croissance de sa filiale, la maison-mère française lui donne maintenant la mission de pénétrer le marché américain, avec un investissement de 8,7 millions à la clé. Il faut dire que le groupe Sicame a les moyens de ses ambitions. Ses revenus annuels avoisinent le demi-milliard, et le groupe français compte près de 3000 employés dans le monde.

L'investissement permettra de tripler la production réalisée à Saint-Hubert, dont les installations s'étendent désormais sur 100 000 pieds carrés. «Aujourd'hui, nous fabriquons localement 80% de nos ventes. Mais le pourcentage va augmenter d'ici la fin de l'année compte tenu de la très grande progression de nos ventes», affirme M. Willier. Le patron de Cicame Énergie s'attend à des revenus avoisinant les 15 millions pour l'année 2012.

Cicame Énergie va notamment assurer la production de gants isolants haut de gamme, destinés au marché américain. «C'est un produit-clé dans la gamme à proposer aux clients «, précise M. Willier. «Cela nous permettra de pénétrer plus rapidement le marché américain, qui est difficile à approcher. C'est un marché très fermé.»

Les sommes investies ont également servi à agrandir le laboratoire de recherche. L'entreprise a prévu l'embauche de spécialistes de la recherche et du développement. La taille du laboratoire passe de 2000 à 15 000 pieds carrés.

Course à l'innovation

Ce travail de recherche et développement est indispensable pour s'attaquer au marché américain. «Nous devons adapter nos produits pour les rendre conformes aux attentes des clients américains, et à leurs habitudes de travail», explique M. Willier. «Aussi, la durée de vie des produits s'est réduite. Les produits sont copiés de plus en plus vite. Si on ne progresse pas, on ne se développe pas. C'est une course à l'innovation.»

Toutefois, Cicame Énergie ne compte pas devenir un acteur majeur aux États-Unis. «Notre cible idéale est un marché de niche. Nos concurrents américains sont de 10 à 15 fois plus grands que l'ensemble de notre groupe.»

Mais l'entreprise de Saint-Hubert ne manque ni de patience ni d'ambition. «Cela fait deux ans qu'on travaille très sérieusement sur la pénétration du marché américain. C'est un travail de longue haleine», souligne Frank Willier. «Nous n'avons pas encore obtenu de grand succès... Mais ça va venir!»