Laval souhaite amener tous les commerces, les industries et les grands établissements publics (hôpitaux) à installer des compteurs d'eau pour mieux mesurer leur consommation, réduire le gaspillage de la ressource et limiter les risques de fuites coûteuses.

Mis à jour le 22 nov. 2013
Yvon Laprade LA PRESSE

«C'est ce qu'on projette de faire dans une prochaine réglementation», confirme Denis Allard, surintendant à la division eau potable du service de l'Environnement à la Ville de Laval.

Il précise qu'une telle réglementation permettrait d'agir à titre préventif auprès des utilisateurs du réseau d'eau potable municipal, au moment où la Ville achève des travaux majeurs pour la mise à niveau de ses trois stations d'eau potable.

Ces travaux amorcés en 2008, nécessitant des investissements de 175 millions, devraient être terminés en 2015 aux usines de Chomedey, Pont-Viau et Sainte-Rose. «Ce seront des usines encore plus performantes pour ce qui est de l'amélioration du goût et l'élimination des odeurs, explique Denis Allard. Nous allons optimiser le traitement de l'eau pour qu'elle soit de la meilleure qualité qui soit, tout en réduisant les quantités de chlore utilisées pour la traiter. L'eau était déjà bonne, on va l'améliorer.»

La quasi-totalité des investissements, soit 167 millions, a été consentie pour les vieilles usines de Chomedey et de Pont-Viau, construites à la fin des années 40. L'usine de Sainte-Rose, inaugurée en 1984 et qui dispose déjà de deux étages de filtration, sera quant à elle plus performante.

D'ici à deux ans, une fois les travaux terminés, la capacité des trois stations d'eau potable, qui se situe à 425 000 mètres cubes, sera portée à 495 000 mètres cubes. «On devrait pouvoir faire encore 20 ans sans avoir à apporter de modifications majeures», calcule M. Allard.

Pour ce faire, il mise sur la collaboration des industriels, des commerces et des institutions. Actuellement, on retrouve des compteurs d'eau dans plus de la moitié des commerces et des industries, mais encore trop peu, selon lui, dans le secteur institutionnel. «Ça ne saurait tarder», précise-t-il.

Résidentiel

Et les Lavallois qui laissent couler l'eau du robinet? Devront-ils accepter de mettre moins d'eau dans leur verre pour étancher leur soif et passer moins de temps sous la douche?

«Nous exigeons depuis 1992 que des compteurs soient installés dans toute nouvelle construction résidentielle, répond le surintendant à la division eau potable. C'est déjà un pas dans la bonne direction.» Actuellement, seulement 25% des résidences ont des compteurs d'eau.

Mais il ne saurait être question d'adopter un règlement municipal pour installer massivement de tels équipements de mesure dans toutes les maisons, ni de facturer le coût de l'eau au secteur résidentiel en fonction de la consommation, précise Denis Allard.

Il juge néanmoins réaliste et réalisable de faire diminuer la consommation d'eau potable de 20%, tous secteurs confondus, dans un horizon de cinq ans. Mais il faudra aussi s'intéresser aux pertes sur le réseau causées par des systèmes souterrains d'aqueduc vieillissants.

«Notre bilan des pertes s'est situé à 19% en 2012, calcule-t-il. On est dans les normes mais ce n'est rien d'exceptionnel. Il y a des villes qui perdent 12% de leur eau dans leurs systèmes souterrains.»

Pour limiter le «coulage», le service de l'Environnement de la Ville de Laval s'est fixé comme objectif de «réhabiliter de 1% par année» ses tuyaux souterrains.