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Zut, je suis riche...

Plus le patrimoine croît, plus il est difficile de l'entretenir... (ILLUSTRATION NATHALIE SAMSON, LA PRESSE)

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ILLUSTRATION NATHALIE SAMSON, LA PRESSE

Marc Tison
La Presse

Plus le patrimoine croît, plus il est difficile de l'entretenir soi-même. C'est pourquoi la gestion privée gagne en popularité: des services taillés sur mesure. Tendances.

Il est peut-être plus facile de devenir riche qu'autrefois, mais il est plus compliqué de le rester.

Pauvres riches...

Car les gens fortunés sont de plus en plus nombreux. «C'est un des créneaux les plus porteurs, tant au Canada qu'au Québec, observe Éric Bujold, président de Gestion privée 1859, à la Banque Nationale. Les ménages millionnaires vont doubler d'ici environ huit ans. C'est une croissance de plus de 10% par année.»

Voilà qui explique pourquoi les services de gestion privée se sont répandus comme les entreprises d'entretien de pelouse au printemps: les gens aisés veulent un aménagement financier florissant sans y consacrer tout leur temps.

Depuis une dizaine d'années, la plupart des institutions financières et des grands cabinets-conseils ont ajouté à leur offre des services de gestion de patrimoine, de gestion privée, voire de family office (banque familiale).

«Les clients qui ont des actifs importants font face à une complexité plus grande et ils ont avantage à faire affaire avec des spécialistes qui vont les conseiller non seulement sur leur situation financière et bancaire, mais aussi sur leur situation complète», décrit Sébastien Souligny, vice-président, Groupe fortune privée, Québec, chez BMO Banque privée Harris.

Préoccupations

La crise de 2008, la volatilité des marchés et la faiblesse sans rémission des taux d'intérêt ont suscité beaucoup d'inquiétude chez les gens aisés qui s'approchent de la retraite - comme nous tous, bien sûr.

Comment obtenir un rendement raisonnable sans risques excessifs? «Prendre la partie sécuritaire des obligations pour aller vers les actions, ça les insécurise un peu, constate Éric Bujold. C'est une des préoccupations et on cherche des alternatives. De plus en plus, on développe des produits qu'on appelle non traditionnels. On se dirige vers les infrastructures [ponts, autoroutes, aéroports...], l'immobilier, et vers d'autres sources qui vont générer des revenus stables et plus élevés sans présenter une volatilité aussi grande que les actions.»

Chez Raymond Chabot Gestion privée, où la clientèle exprime les mêmes soucis persistants, on surveille attentivement les placements alternatifs. «Ce sont des placements qui existaient déjà mais qui prennent le relais, souligne la vice-présidente Hélène Bronsard. Par exemple, on parle de plus en plus d'actions privilégiées à taux fixe renouvelables.» Le taux de rendement est fixé pour un terme défini, à la fin duquel il est renouvelable à certaines conditions.

Un autre produit, proposé en 2011 mais peu utilisé, gagne maintenant en popularité: les portefeuilles d'actions à faible volatilité. «Le marché canadien se porte mal cette année en raison des ressources naturelles, explique Hélène Bronsard. Mais dans un portefeuille canadien à faible volatilité, il n'y a pas de ressources. Depuis le début de l'année, ce portefeuille a fait de 7 à 8%, au 31 mars.»

Un peu d'éducation financière...

Avec le vieillissement de la population et l'arrivée des baby-boomers à l'âge de la retraite, un grand nombre de gens d'affaires cèdent ou vendent leur entreprise et encaissent le fruit de leur labeur. Se pose alors un nouveau problème: la transmission de ce patrimoine. «Sur le terrain, c'est la plus grande préoccupation: qu'est-ce qui va arriver à mes enfants?» exprime Carlo Massicolli, vice-président, associé principal, développement des affaires au Groupe conseil privé de Desjardins. «Ils ont peur de l'éclatement du patrimoine familial à leur décès. On leur fait comprendre que l'évitement de l'éclatement va passer par la formation de la famille en affaires. On a monté des programmes de formation adaptés aux besoins des familles en affaires, pour pérenniser le patrimoine familial.»

Nouvelle préoccupation: on s'intéresse maintenant à la façon dont le patrimoine est transmis. Ce patrimoine n'est plus seulement constitué de biens, mais aussi de valeurs et de culture familiales. «Comment je fais pour que mes enfants n'aient pas le sentiment d'avoir un droit à ce patrimoine, mais le voient plutôt comme une chance qui leur permet de s'épanouir?» expose Sébastien Souligny. On parle alors de transmettre à la génération suivante - et idéalement de faire fructifier - les quatre formes de capital: financier, intellectuel, social et humain. «Nous offrons des formations aux enfants de nos clients - des jeunes adultes de 16 à 24 ans qui n'ont pas été exposés aux finances - ainsi qu'à leurs conjoints», décrit-il.

À l'autre extrémité du spectre de l'âge, les jeunes entrepreneurs et jeunes professionnels à succès requièrent eux aussi des services de gestion privée. «C'est une clientèle qui a des besoins et des attentes différentes: beaucoup de communications par le biais des moyens électroniques et médias sociaux, signale Éric Bujold. C'est quelque chose dans quoi nous allons investir parce que c'est une autre sorte de service et ce sont d'autres préoccupations.»

À chacun ses problèmes, direz-vous...




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