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Formation en aérospatiale: l'activité stagne, les embauches se maintiennent

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Notamment en raison des départs à la retraite, ce sont plus de 2100 emplois qui doivent être comblés chaque année dans l'industrie aérospatiale.

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Didier Bert

Collaboration spéciale

La Presse

L'industrie aérospatiale québécoise remonte doucement la pente depuis les années 2000, quand les attentats du 11 Septembre et la crise financière de 2008 ont freiné son développement. En ce début d'année 2015, même si le ralentissement économique mondial gèle la création d'emplois, les entreprises continuent de remplacer les départs à la retraite et de rechercher de la main-d'oeuvre spécialisée. - Didier Bert, collaboration spéciale

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Nathalie Paré est directrice générale du Comité sectoriel de main-d'oeuvre en aérospatiale.

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Un cycle qui tarde à s'achever

Le taux de croissance de l'emploi dans l'industrie aérospatiale en 2014 est de -0,52%, selon les derniers chiffres* publiés par le Comité sectoriel de main-d'oeuvre en aérospatiale (CAMAQ). Ce fléchissement est imputable à l'incertitude économique mondiale, souligne Nathalie Paré, la directrice générale du CAMAQ. «80% de la production aérospatiale est exportée», rappelle-t-elle. Depuis la crise économique de 2008, l'industrie tente de remonter la pente, explique Suzanne Benoit, PDG d'Aéro Montréal, la grappe aérospatiale du Québec. «Nous sommes dans une phase de sortie de cycle qui tarde à s'achever», affirme-t-elle. En attendant la fin de ce cycle, les entreprises doivent quand même combler plus de 2100 emplois chaque année afin de faire face au taux de roulement des effectifs, notamment en raison des départs à la retraite.

*Recensement des emplois au 1er janvier 2014 et prévisions du nombre d'emplois au 1er janvier 2015 et au 1er janvier 2016, Comité sectoriel de main-d'oeuvre en aérospatiale (CAMAQ).

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Bell Helicopter Textron Canada emploie plusieurs travailleurs de l'industrie aérospatiale dans son usine de Mirabel.

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Une demande maintenue dans les métiers

La quasi-stagnation des effectifs de l'industrie aérospatiale se reflète dans la catégorie des emplois dans les métiers. Le CAMAQ prévoit que ces derniers resteront identiques d'ici au 1er janvier 2016, après avoir crû de 7,4% en 2013. Et comme pour les autres emplois du secteur, les entreprises doivent recruter du personnel en permanence pour remplacer les départs à la retraite. Mais dans le domaine de la main-d'oeuvre spécialisée, le recrutement est bien plus difficile qu'ailleurs. Les machinistes et les peintres d'aéronefs sont abondamment recherchés par les entreprises aérospatiales. «Les métiers n'ont pas bénéficié d'une promotion suffisante ces dernières années», déplore Nathalie Paré, directrice générale du CAMAQ.

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Dans le secteur de l'aéronautique, certains travailleurs demeurent très recherchés, comme les ingénieurs en génie mécanique, en génie électrique et en génie informatique.

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Machinistes réclamés

En aérospatiale, les machinistes ne connaissent pas le chômage. «C'est un métier pour lequel nous observons un besoin constant», indique Nathalie Paré. «Les programmes de formation sont en place, mais il y a trop de bancs qui restent inoccupés», regrette David Chartrand, coordonnateur pour le Québec de l'Association internationale des machinistes. Cette pénurie s'explique par les annonces de mises à pied dans l'industrie aérospatiale, qui découragent les jeunes, croit M. Chartrand. «Le secteur aérospatial est toujours présenté d'un oeil négatif, alors qu'il y a de nombreux emplois, très bien rémunérés, avec de très bons avantages sociaux.» L'aérospatiale est une des industries qui versent les meilleurs salaires aux machinistes, souligne David Chartrand.

Les profils recherchés

À l'inverse des employés des métiers, le personnel scientifique (-5,1%) et technique (-9,8%) a vu ses effectifs décroître en 2013, indiquent les chiffres publiés par le CAMAQ. Cependant, cette tendance est en voie de s'achever: d'ici au 1er janvier 2016, le total de ces emplois devrait rester relativement stable. Certains travailleurs demeurent très recherchés, comme les ingénieurs en génie mécanique, en génie électrique et en génie informatique, précise Nathalie Paré. Autres candidats recherchés par l'industrie aérospatiale: les agents des méthodes et les inspecteurs qualité. «Notre industrie génère des emplois à haute valeur ajoutée, rémunérés avec de bons salaires, et présentant de belles perspectives d'évolution de carrière», souligne Mme Paré.

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Dans le passé des milliers d'élèves avaient déjà participé au programme Ça plane pour moi.

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Suzanne Benoit est PDG d'Aéro Montréal

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L'industrie veut passionner les jeunes

Des élèves du primaire et du secondaire des commissions scolaires Marguerite-Bourgeoys et Lester-B.-Pearson participeront les 16 et 17 avril prochains à une compétition de planeurs au théâtre Paradoxe, dans le sud-ouest de Montréal. L'événement conclura deux programmes d'Aéro Montréal présentant en classe les étapes de fabrication d'un planeur. «Nous voulons garder les jeunes intéressés par l'aérospatiale», souligne Suzanne Benoit, PDG d'Aéro Montréal. Lors de la compétition, ces élèves côtoieront des équipes formées d'étudiants en aérospatiale. Des professionnels venus de l'industrie pourraient également participer à la compétition, indique-t-on chez Aéro Montréal. Les programmes Défi Passion pour l'aviation, destiné aux élèves du premiercycle du secondaire, et Passion naissante, qui vise les élèves du deuxième cycle du primaire, remplacent l'initiative Ça plane pour moi. Ils pourraient être étendus à la grandeur du Québec.

Vers une embellie?

Les emplois en administration ont connu une croissance de 19,8% en 2013, selon les chiffres publiés par le CAMAQ, passant de 5807 à 7238 dans l'industrie aérospatiale. L'évolution de ces emplois de soutien (comptables, vendeurs, etc.) annonce souvent l'évolution globale des emplois du secteur, précise Nathalie Paré. Et même si le nombre d'emplois administratifs est appelé à fléchir légèrement d'ici 2016, il n'est pas impossible qu'il prédise une amélioration future de l'emploi en aérospatiale. Toutefois, la progression constatée en 2013 est largement due à «un rattrapage après les nombreuses mises à pied effectuées dans les années précédentes», tempère Mme Paré.




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