Autrefois exclusivement tourné vers un regroupement d'entreprises proche de Bombardier, l'Institut de formation aérospatiale (IFA) propose désormais des services de gestion de la main-d'oeuvre à l'ensemble de l'industrie aérospatiale, en visant particulièrement les PME. Stéphane Arsenault, directeur de l'IFA, présente la nouvelle démarche.

Mis à jour le 22 févr. 2013
Didier Bert, collaboration spéciale LA PRESSE

Q: Qu'est-ce que l'IFA apporte concrètement aux PME?

R: Nous leur proposons de réaliser un tableau de bord de leurs compétences internes, pour donner une cohérence à leurs efforts de formation. Cela permet d'établir et de combler les besoins de l'entreprise, tout en facilitant le financement des interventions. Une des problématiques des PME, c'est qu'elles manquent de ressources pour concrétiser leurs ambitions. Or, les bailleurs de fonds voient trop souvent les PME arriver avec une liste de formations à réaliser, sans voir de stratégie dans le temps. Ils ne veulent pas investir sur un employé qui quittera l'industrie dans deux ans.

Q: Pourtant, à sa création, l'IFA ne s'adressait pas particulièrement aux PME.

R: Nous étions un guichet unique consacré à Bombardier aéronautique et à ses partenaires. La mission de l'IFA était de réaliser des passerelles entre les formations, afin d'assurer la polyvalence de la main-d'oeuvre des entreprises. À présent, notre mandat est bien plus large, puisque nous sommes prêts à travailler avec toutes les entreprises de l'industrie aérospatiale au Québec.

Q: Qu'est-ce qui a motivé ce changement de cap?

R: La fusion entre Aéro Montréal et l'Association québécoise de l'aérospatiale (AQA), réalisée en 2012, a été déterminante. Nos solutions développées pour la grande entreprise ne s'appliquaient pas aux PME, principalement regroupées au sein de l'AQA. Or, la fusion a regroupé les moyens et les objectifs de l'ensemble de l'industrie. Nous avons développé un partenariat stratégique avec Aéro Montréal, pour l'aider à desservir les PME. Cela passe aussi par la prise en charge du volet de développement des compétences de l'initiative MACH.

Q: Comment approchez-vous les PME?

R: Nous allons à la rencontre des petites entreprises, notamment hors de Montréal. Les PME des régions ont besoin d'un support particulier. Fin 2012, nous avons lancé la clinique Aéro Compétence. C'est un événement d'une demi-journée, région par région, pour prendre le pouls de la situation locale et proposer nos services aux PME. Nous sommes déjà allés à Trois-Rivières et à Laval, où nous avons touché des PME que nous n'aurions pas rejointes sinon.

Q: Vos services sont-ils abordables pour les PME?

R: Les cinq premières heures d'intervention sont gratuites pour l'entreprise. Un conseiller de l'IFA lance la démarche avec la PME, et suivra l'entreprise tout au long du processus. Puis il confie les différents mandats à nos partenaires, qui peuvent être des écoles, des sociétés de conseil, etc. Ceux-ci réalisent une analyse des enjeux, qui donne lieu à un plan de développement des compétences...

Q: Et à des formations?

R: Il ne s'agit pas seulement de trouver une formation. Nous offrons un soutien en général. C'est ce qui s'est passé chez TechFab, où la solution retenue a été de s'en remettre à des formateurs internes. Ils ont eux-mêmes permis de maintenir et de développer les compétences présentes dans l'entreprise.

L'IFA EN CHIFFRES

> Organisme à but non lucratif fondé en 2005

> Sept employés, dont deux conseillers en développement des compétences

> Une moyenne de 7400 participants formés par année depuis 2008

> Une moyenne de 6500 heures de formation par année

> 12 150 participants formés en 2012

> 9540 heures de formation données en 2012

> 900 heures de service-conseil offerts en 2012

> 40 entreprises, dont une majorité de PME, bénéficient actuellement des services de l'IFA