Pour bon nombre d'ingénieurs, le salut ne se trouve pas dans la programmation, le dessin technique ou la signature de devis, mais plutôt dans une carrière connexe au monde du génie.

Mis à jour le 16 janv. 2013
Martin Primeau, collaboration spéciale LA PRESSE

C'est le cas d'Erika Paape, une ingénieure informatique qui, au début de la trentaine, a roulé sa bosse dans le secteur de la consultation informatique avant de plonger dans celui des brevets. Employée par le cabinet Robic depuis un peu plus de cinq ans, elle ne regrette pas la décision qui l'a conduite un jour à bifurquer vers cette spécialité.

«Ce que j'aime le plus, c'est la diversité que m'amène cet emploi, dit-elle. On ne passe pas ses journées à regarder des lignes de code et on est amené à interagir avec plus de gens.»

Il va de soi que ses connaissances en génie lui sont toujours très utiles aujourd'hui. «Les côtés plus techniques et mathématiques de ma formation m'aident beaucoup à comprendre les inventeurs et à lire les documents associés à mon travail», explique-t-elle.

Au sortir de l'université, après un séjour entre autres chez CGI, la jeune ingénieure cherchait toujours sa voie. «Je faisais des essais, dit-elle. Puis, je me suis rappelé un cours donné au bac par un avocat qui nous avait initiés au monde des agents de brevets. Après avoir fait quelques vérifications, je me suis dit que ce serait peut-être un métier intéressant pour moi.»

Mais ne devient pas agent de brevets qui veut. Pour obtenir le titre, l'aspirant doit apprendre son métier au travail en s'exposant à différents cas, puis réussir quatre examens nationaux. Il ne reste plus qu'une épreuve à Erika Paape pour obtenir le titre.

Spécialisation: gestion

Pour plusieurs ingénieurs, c'est plutôt le domaine de la gestion qui devient la porte d'entrée vers une nouvelle carrière.

Après avoir été employé par Bell Helicopter durant six années, l'ingénieur en aéronautique Jacques Morin a emprunté cette avenue.

«Je voulais rester dans la même industrie, mais faire autre chose», raconte-t-il.

Pour y parvenir, l'ancien militaire est retourné aux études à temps plein, puis a mis la main, au terme de 12 mois d'efforts, sur le titre de MBA. Une expérience qui a relancé sa carrière, selon lui.

«Quand on fait un cours de génie, on se bourre le crâne d'éléments techniques. Le MBA est vraiment différent et nous donne un coffre d'outils, que ce soit en gestion, en finances ou en ressources humaines.»

Aujourd'hui spécialisé en marketing, Jacques Morin met à profit son expérience passée de militaire et d'ingénieur au service de l'équipe de vente de CAE Santé, une division du géant montréalais qui se spécialise dans la fabrication de simulateurs de patients pour les centres d'enseignement hospitaliers et pour les forces militaires.

«Ma formation d'ingénieur me sert toujours aujourd'hui, raconte Jacques Morin. C'est très utile, par exemple, pour bien comprendre ce que veulent mes clients.»

Le MBA n'est toutefois pas requis pour faire carrière en gestion. Dominic Riel, directeur régional chez Groupe Signalisation, en est l'exemple.

Après huit années comme employé chez Cascades, cet ingénieur industriel a réorienté sa carrière après l'obtention d'un diplôme d'études supérieures spécialisé en gestion.

«Lorsque j'étais aux études à Sherbrooke, un ingénieur nous avait dit que de 80 à 85% des ingénieurs finiraient par devenir gestionnaires», raconte-t-il pour souligner à quel point son parcours est loin d'être unique.

Aujourd'hui à la tête d'une équipe de signaleurs routiers, Dominic Riel reconnaît toujours les mérites de sa formation d'ingénieur. «À l'école, on nous montre à acquérir une méthode de travail, et on nous donne aussi les outils pour apprendre comment apprendre, dit-il. Lorsqu'on ne connaît pas une réponse, on va la chercher.»