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Les extrêmes d'un vieux routier

Normand Goulet se souvient des conditions difficiles dans... (Photo fournie par Normand Goulet)

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Normand Goulet se souvient des conditions difficiles dans lesquelles il exerçait son travail à ses débuts. «  On pouvait être un mois sans recevoir de ravitaillement quand on était dans le Grand Nord. Aujourd'hui, bien que le métier reste dangereux, on est gâtés, on a le téléphone satellite et même une laveuse et une sécheuse.  »

Photo fournie par Normand Goulet

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Exploration minière

Économie

Exploration minière

Après avoir peiné depuis trois ans, le secteur des mines semble vouloir redécoller. À elles seules, les activités d'exploration montrent des signes encourageants. Autres constats : les travaux de recherche privés et publics battent leur plein dans un contexte où, lentement mais sûrement, des sociétés minières changent leur modèle d'affaires. Explication en trois points. »

Julie Roy

Collaboration spéciale

La Presse

Doyen du département des sciences de la Terre et de l'atmosphère à l'Université du Québec à Montréal (UQAM), le géologue Normand Goulet, 72 ans, n'est pas près de s'arrêter. Il a encore trop à faire. « Les gens attendent de nouvelles découvertes. Pour cela, il faut des idées de recherche et je n'en manque pas. »

Titulaire de deux doctorats, Normand Goulet a parcouru la planète pour exercer son métier. Au fil des ans, il n'a jamais souffert d'ennui. « Ce ne sont pas tous les géologues qui sont des gens de terrain, mais moi, ça me passionne », confie M. Goulet.

« Un jour, je peux être au sommet d'une montagne à étudier de possibles gisements de cuivre et, le lendemain, je suis trois kilomètres sous terre en Abitibi dans une mine d'or. » - Normand Goulet

« C'est d'un extrême à l'autre », dit le géologue qui a passé l'été dernier dans le Grand Nord et à la Baie-James.

Des découvertes, le scientifique en a plusieurs à son actif, dont au moins une a changé le visage du Québec. En 1992, Normand Goulet tombe sur une roche particulière à 1100 km au nord de Sept-Îles. Il analyse la roche sertie de grenats très spécifiques à son retour à Montréal et, surprise  ! pour la première fois, un diamant venait d'être mis au jour chez nous. Une découverte en amenant une autre, le Canada est passé depuis au troisième rang mondial des producteurs de diamant.

UNE PASSION À TRANSMETTRE

Normand Goulet ne se voit pas comme un prospecteur, mais comme un homme de science. « Notre travail est d'explorer et d'analyser le potentiel minier. Il y a des endroits où l'on croyait qu'il n'y avait rien. Parfois, on reprend d'anciennes théories avec de nouvelles connaissances et, grâce aux techniques modernes et même parce qu'on fait des comparaisons avec des endroits à l'autre bout de la Terre, on découvre des métaux », explique-t-il.

Lorsqu'il n'est pas sur le terrain, Normand Goulet s'affaire à former la relève. « Notre domaine est vaste et est régi par un ordre professionnel. Nous sommes environ 1000 dans la province. Quand mes étudiants suivent mon cours, je mets la barre haut. La société a besoin de gens passionnés, mais aussi compétents. »

LE PARADOXE DE LA CONSOMMATION

Si ses exigences sont aussi élevées, c'est qu'il se dit au service de la collectivité. « Une soixantaine de métaux sont nécessaires pour la fabrication d'un cellulaire. Tant que nous serons dans une société de consommation, les besoins en ressources ne diminueront pas et notre rôle sera d'autant plus important », explique-t-il.

Tout en affirmant que le recyclage est fondamental, il s'insurge contre ceux qui exigent des moratoires et qui empêchent l'exploration.

« Exploration ne veut pas dire exploitation. C'est criminel de faire une croix sur quelque chose qu'on ne connaît pas. Le moratoire équivaut à faire l'autruche. Nous avons un devoir de savoir ce qu'on l'on met de côté. » - Normand Goulet

Normand Goulet s'explique d'ailleurs mal la mauvaise presse que continuent d'avoir les sociétés minières. « Nous ne sommes plus dans les années 50. Tout est ultrapropre, sécuritaire, ventilé. Les entreprises ne peuvent plus faire ce qu'elles veulent, les normes sont très sévères. » Le géologue trouve aussi paradoxal le fait que les gens manifestent pour ne pas avoir de mines chez eux, tout en étant les premiers à s'acheter un cellulaire. « On va les chercher où, les métaux pour fabriquer vos produits ? »




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