L'exploration et la mise en valeur des gisements de fer au Québec attirent de plus en plus de capitaux, ce qui réduit progressivement la dominance de l'or et des métaux usuels comme principaux métaux recherchés dans la province.

Mis à jour le 19 nov. 2012
François Riverin, collaboration spéciale LA PRESSE

Selon les données de l'Institut de la statistique du Québec, les dépenses allouées à l'exploration de fer ont atteint 106 millions en 2011, comparativement à 448 millions pour l'or et à 125 millions pour les métaux usuels.

La forte demande de la Chine et les prix élevés du concentré de fer des dernières années expliquent, en grande partie, cet engouement pour le fer québécois. À un niveau dépassant les 200$ US la tonne à certains moments, les producteurs, petits et gros, ont pu dégager d'importants profits.

Toutefois, le prix du fer a fléchi en 2012 sous les 100$ US la tonne, pour remonter en suite au cours actuel de 122$ US la tonne, comparativement à 134$ US à la même période de l'an dernier, selon les données de BMO Marchés financiers.

Malgré cette faiblesse du marché, Alan Gorman, président et chef de l'exploitation d'Oceanic Ore Corp, maintient son échéancier pour la mise en valeur du projet Hopes Advance, situé sur la rive ouest de la baie de l'Ungava, à l'extrême nord du Québec. Ce projet a été découvert dans les années 50.

«Notre étude de préfaisabilité montre qu'on peut y produire un concentré de fer à un coût, au comptant, de l'ordre de 30$ US la tonne. C'est parmi les plus bas au monde», a précisé M. Gorman.

Selon lui, ce bas coût de production s'explique par la qualité du minerai (faible teneur en silice, en alumine et en phosphate), par la possibilité d'utiliser un pipeline de 26 km jusqu'à la côte au lieu d'un chemin de fer, par le bas ratio d'excavation de roche stérile par rapport au minerai, et par l'usage de la gravité pour concentrer le minerai.

Les réserves prouvées et probables de Hopes Advance sont de 1,3 milliard de tonnes à une teneur de 32% en fer. Selon l'étude de préfaisabilité, un investissement initial de 2,85 milliards permettrait de construire une exploitation minière d'une capacité de 10 millions de tonnes de concentré par année à partir de 2017. De 1500 à 2000 emplois seraient créés durant la construction, et 375 pour l'exploitation.

À partir de 2025, un investissement additionnel de 1,6 milliard permettrait de hausser la production à 20 millions de tonnes par année. À titre de comparaison, les deux mines de fer actuelles du Québec devraient produire quelque 22 millions de tonnes de concentré en 2012.

Dans l'hypothèse d'un prix de vente à long terme du concentré de 100$ US la tonne, les prévisions de profits avant impôts sont faramineuses. Selon l'étude de préfaisabilité, la valeur actualisée du projet dépasse les 5 milliards, comparativement à la valeur boursière d'Oceanic de moins de 50 millions.

Oceanic prévoit investir quelque 14 millions 2013. Selon M. Gorman, la priorité est de trouver un partenaire pour le financement, une étape incontournable pour les projets de fer de cette envergure. Ensuite viendra le processus d'obtention du permis et des études environnementales, suivi de la présentation d'une étude de faisabilité au milieu de 2013.

Sept autres sociétés ont des projets de fer semblable. Elles en sont à différentes étapes de leur développement.

Les plus importants sont ceux du lac Otelnuk d'Adriana Resources, au nord de Schefferville (50 millions de tonnes de concentré par année), de Kemag et Labmag, de New Millenium et son partenaire Tata Steel (27 millions de tonnes par année), de Champion Iron Mines (17 millions de tonnes), tous situés sur la Côte-Nord et dans la Fosse du Labrador, et celui de Black Rock à Chibougamau.

ArcelorMittal et Cliff Natural Resources ont également d'importants projets d'expansion près de leur site actuel d'exploitation à Fermont.