Le maillage entre les déplacements des citoyens en milieu urbain et une saine pratique environnementale est en route.

Publié le 20 avr. 2012
Yann Fortier, collaboration spéciale LA PRESSE

En 2010, l'ensemble des organismes de transports du grand Montréal a estimé les besoins en investissements à 22,9 milliards jusqu'en 2020. Pour cette même période, l'objectif est d'accroître de 40 % les déplacements en transports collectifs.

Des chiffres et des attentes à la fois réalistes et nécessaires, selon Florence Junca-Adenot, professeure à l'UQAM et fondatrice de Forum Urba 2015, une plateforme de réflexion sur les conditions de réussite des villes de l'avenir.

L'une des clés du développement?

«Pour chaque projet routier, on devrait systématiquement intégrer le réflexe de réfléchir à l'intégration de voies pour les autobus, les vélos ou les piétons.»

Dévoilé récemment, le Plan métropolitain d'aménagement et de développement (PMAD) note que chaque dollar investi en transports en commun s'avère un puissant stimulant pour l'économie locale : 50 % des dépenses liées à l'automobile vont à l'extérieur du Québec, comparativement à 10 % pour les transports en commun.

L'agence de recherche et de prévision économique Informetrica conclut quant à elle que chaque milliard investi dans les infrastructures entraîne la création de plus de 11 000 emplois.

Finalement, la chambre de commerce chiffre l'économie totale attribuable aux utilisateurs du transport collectif à 680 millions.

«Quand un usager économise dans ses transports, il réinvestit dans d'autres économies que celles du pétrole et des voitures», analyse Florence Junca-Adenot, qui a aussi été présidente de l'Agence métropolitaine de transport de 1996 à 2004.

Le parc de voitures partagées de Communauto, amélioré par l'ajout de véhicules et de bornes électriques, s'inscrit dans un contexte où les coûts à la pompe affichent de nouveaux sommets dans un Québec qui détient d'importantes capacités électriques.

«Investir dans les énergies vertes favorisera le développement des industries locales comme l'électricité ou l'aluminium», croit Florence Junca-Adenot.

La technologie à la rescousse

Dans ce cortège de transports verts, le succès populaire du BIXI témoigne par ailleurs de l'engouement et de la mobilisation pour tout projet améliorant la qualité de vie et, de surcroît, celle de l'environnement.

Des initiatives technologiques, comme les applications pour téléphones portables affichant en temps réel les horaires et les conditions des réseaux, arrivent progressivement, même si le métro n'offre pas encore de pleins services d'accès cellulaire.

Les modes de transport intermédiaires - BIXI, tramways, télécabines - s'avèrent non seulement des attraits touristiques, mais surtout un frein supplémentaire à la migration vers les banlieues et à ses conséquences préoccupantes sur le réseau routier.

Selon Mme Junca-Adenot, l'objectif de croissance de 40 % d'achalandage d'ici 2020 passe par l'augmentation de l'offre et de l'aménagement du territoire autour des pôles de transport collectif plutôt que des autoroutes.

Du chemin reste à faire : 398 millions de déplacements en transports en commun ont été effectués à la fin des années 1940, en une seule année, alors que le métro n'existait pas encore. En 2011, ce chiffre a été de 405 millions de déplacements, soit moins de 5 % d'augmentation.

Il aura donc fallu plus de 60 ans pour dépasser ce sommet. Or, pendant la même période, la population a augmenté de plus de 50 %.