On a beau en produire par milliers, le marché en demande et en redemande. Les membres des trois ordres de comptables sont en situation de plein emploi et tout porte à croire que cette situation va continuer.

Guy Paquin, collaboration spéciale LA PRESSE

Selon des statistiques colligées à notre demande par les trois ordres, il est clair que la demande est soutenue et que le marché absorbe tous les nouveaux diplômés. Sur cinq ans, soit entre 2006 et 2011, ce sont 3146 nouveaux comptables professionnels qui sont entrés sur le marché et, d'après leurs ordres professionnels, ils travaillent tous.

Fin 2011, on dénombrait 34 428 comptables, soit comptables agréés (CA), comptables généraux accrédités (CGA) ou comptables en management accrédités (CMA).

Au Québec, il y a donc nettement plus de comptables que d'avocats. Ces derniers étaient 23 709 en 2011. Quant à nos virtuoses de la calculette, ils se répartissent ainsi entre les trois ordres: 18 061 CA, 8494 CGA et 7873 CMA.

Dès qu'on parle de demande soutenue pour les membres d'une profession, il faut accepter l'inévitable corollaire, la croissance des effectifs. Elle est fulgurante chez les CMA, soit de 19% pour les cinq dernières années. Elle est plus modérée chez les CA (6%) et les CGA (5%).

Profil comptable

Et qu'on se le dise, l'oeil d'aigle qui scrute les états financiers est très souvent un oeil féminin. La moitié des CGA, plus exactement 49,4% d'entre eux sont des femmes. Celles-ci représentent 42,4% des CMA et 39,4% des CA.

Les trois quarts des membres de la profession sont employés dans les divers secteurs de l'économie et les 25% qui restent ont choisi de travailler dans un cabinet de comptables-conseils.

La pyramide démographique de la population québécoise n'est pas différente pour les comptables que pour le reste d'entre nous: on n'est plus jeunot, jeunot. L'âge moyen dans la profession est de 48 ans.

Toujours selon les trois ordres, «le phénomène du vieillissement de la population n'épargnera pas la profession comptable et il est donc à prévoir qu'au cours de la prochaine décennie, la pression sera de plus en plus forte pour former une relève de qualité en plus grand nombre.»

La métropole et les régions

Il va de soi que la grande région métropolitaine absorbe le plus grand nombre de nos jongleurs de chiffres.

Ainsi, 64% des CA y exercent leur noble apostolat. La région de la Capitale Nationale attire 13,3% des effectifs CA, l'Estrie 4,6% et la Mauricie 3%.

Mais si au lieu de prendre le Montréal métropolitain dans son ensemble et qu'on distingue Longueuil, la Rive-Sud et le territoire jusqu'à Salaberry-de-Valleyfield, on obtient une répartition moins concentrée. C'est ce découpage qui ressort des statistiques fournies par les CGA. Montréal y pèse pour 38% du total et la Montérégie pour 14%. Québec compte ici pour 11,5%.

L'effectif des CGA s'est accru de 6% dans l'ensemble du Québec entre 2010 et 2012, mais inégalement d'une région à l'autre. Trois régions font une consommation de CGA si clairement au-dessus de la moyenne québécoise qu'on peut parler de fringale. En Estrie, le taux de croissance est de 14%, de 12% en Outaouais et de 8% dans la Capitale Nationale.

Finalement, soulignons une générosité qu'on pourrait dire mal placée. Bien que l'offre de comptables arrive à peine à satisfaire une demande québécoise effrénée, nous avons trouvé les moyens d'exporter 9,2% de nos CA. Voilà, c'est notre bon coeur et il calcule bien mal. Ça lui prendrait un comptable.