La minière Sayona est bien positionnée pour se tailler une place de choix dans la filière des batteries. Elle doit cependant trouver les bons partenaires et espérer que tous ses projets en Abitibi-Témiscamingue et à la Baie-James iront de l’avant. Le PDG de Sayona, Guy Laliberté, explique comment le Québec pourrait devenir un champion du lithium sur le continent.

Publié le 30 mai
Stéphane Champagne
Stéphane Champagne Collaboration spéciale

Selon M. Laliberté, Sayona, propriété de l’Australienne Sayona Mining, détient au Québec quelque 100 millions de tonnes de lithium en ressources mesurées et indiquées. Cela place donc les filiales québécoises du groupe au sommet de la pyramide nord-américaine.

Si tout se passe comme prévu, l’entreprise pourrait bientôt exploiter le seul concentrateur de lithium en Amérique du Nord et, éventuellement, faire de la deuxième transformation à grande valeur ajoutée.

En faisant l’acquisition en 2021 du site de La Corne, en Abitibi-Témiscamingue, la minière a mis la main sur une mine de lithium (momentanément en arrêt depuis 2019), de même que sur un concentrateur de lithium auquel il manque encore certaines composantes pour être opérationnel. Sayona compte donc investir à court terme près de 75 millions pour que tout soit en fonction d’ici environ un an. Le site aurait une capacité de 180 000 tonnes de concentrés de lithium.

PHOTO FOURNIE PAR SAYONA

Guy Laliberté, PDG de Sayona, veut faire du Québec un centre névralgique du lithium en Amérique du Nord.

Notre objectif est, qu’au premier trimestre de 2023, on puisse exploiter la mine et commencer à faire du concentré de lithium. Ensuite, lors d’une deuxième transformation, on verra si on se tourne vers la production de carbonate ou d’hydroxyde de lithium.

Guy Laliberté, PDG de Sayona

Le carbonate de lithium est utilisé dans les batteries de voitures électriques d’entrée de gamme, mais surtout dans les petits appareils électroniques ou de stockage d’énergie. Les voitures électriques plus performantes utilisent plutôt l’hydroxyde de lithium.

Une usine de production de carbonate ou d’hydroxyde pourrait coûter entre 100 et 300 millions, estime Guy Laliberté. Si le financement est au rendez-vous, que la demande en lithium demeure et que tout le monde donne son aval, un tel projet pourrait voir le jour en 2025-2026, croit l’entrepreneur.

Le délicat sujet des partenaires

Trouver les bons partenaires changera donc la donne pour la suite des choses, dit celui qui affirme être en contact avec une douzaine de clients potentiels, allant des fabricants de batteries aux constructeurs automobiles.

La semaine dernière, Guy Laliberté était d’ailleurs en Corée du Sud pour y rencontrer d’éventuels partenaires. Il préfère taire le nom de ses hôtes asiatiques. « Tout ce que je peux vous dire, c’est qu’il y a plusieurs entreprises qui cherchent à sécuriser leurs approvisionnements », note le PDG.

Outre La Corne, située entre Val-d’Or et Amos, Sayona possède quelques autres sites miniers au Québec. Le projet le plus avancé est celui d’Authier. Située à 30 km d’Amos sur le territoire de la nation Abitibiwinni, cette future mine de lithium à ciel ouvert est en attente d’une décision favorable de la part du ministère de l’Environnement. Cela pourrait également comprendre un examen et des audiences par le BAPE.

Un autre site prometteur est celui de Moblan, à la Baie-James. Faisant l’objet d’une importante activité d’exploration, l’endroit offrirait un potentiel d’environ 10 millions de tonnes de lithium, selon Guy Laliberté. Une étude de faisabilité pour y installer un concentrateur est par ailleurs à l’ordre du jour.

En savoir plus

  • Lithium
    Le lithium figure au troisième rang des substances les plus recherchées actuellement au Québec.
    Institut de la statistique du Québec