Félix-Antoine Couture, 18 ans, n’a pas peur du travail. Étudiant de première année à l’Institut de technologie agroalimentaire du Québec (ITAQ), le jeune homme originaire de Beaumont, à l’est de Lévis, travaille dans deux fermes en dehors des classes. Son objectif : devenir assez polyvalent pour posséder sa propre ferme laitière un jour.

Publié le 26 mai
Samuel Larochelle
Samuel Larochelle Collaboration spéciale

Quand as-tu commencé à travailler dans des fermes laitières ?

Je ne viens pas du tout du milieu agricole. Mes deux parents travaillent en éducation. Quand j’avais 14 ans, mon père m’a inscrit à un cours d’un jour à la Formation des jeunes trayeurs. Ça n’a pas été un coup de cœur dès le départ, puisque ça demande un temps d’adaptation. Personne n’est excellent au début. Mais j’ai aimé ça.

Qu’est-ce qui t’a amené à envisager d’en faire une carrière ?

J’aime toucher à tout, travailler manuellement, gérer les animaux et avoir toujours un problème à régler. J’ai aussi compris que les propriétaires de fermes sont leurs propres patrons : ils prennent toutes les décisions et ils font leurs propres horaires. Je suis un gars travaillant, mais j’aime avoir du temps pour moi et pour les gens que j’aime. Avoir une ferme, c’est extrêmement exigeant, sauf que ça reste l’entrepreneur qui choisit ses combats. Tu te lances dans des projets qui t’intéressent pour améliorer ta ferme. On ne manque jamais d’ouvrage. On peut toujours faire mieux. Moi, soit je dors, soit je me donne à 100 % !

Pourquoi as-tu ressenti le besoin d’étudier en technologie des productions animales à l’ITAQ ?

Je n’ai pas grandi sur une ferme comme plusieurs de mes amis. Je me suis inscrit par peur de manquer de connaissances. Le programme me permet d’étudier les cinq principales productions animales au Québec (porc, avicole, bœuf, laitière, caprine) et ça m’aide à devenir polyvalent. Après, sur la ferme, je peux mettre en application ce que je viens d’apprendre en théorie. Je suis convaincu d’être à ma place. Je ne me suis jamais ennuyé. Tous mes cours m’intéressent.

Quels sont tes projets après le DEC ?

Je suis pas mal certain de continuer mes études à l’université. Si je reprenais une ferme laitière avec mon DEC, le quota de la relève m’offre le droit de produire 8 kilos de gras par jour. Si je suis une formation en gestion, ça monte à 10 kg. Pour me donner une chance, je vais sûrement faire un certificat ou un diplôme d’études professionnelles d’un an en gestion. Je pourrais aussi étudier en agronomie ou aller chercher plusieurs certificats.

Quels éléments devront être réunis pour que tu te sentes prêt à avoir ta propre ferme ?

Ça va se faire à long terme. Je vais commencer par travailler avec des producteurs qui n’ont pas de relève auprès d’eux et m’habituer à travailler dans le milieu. J’imagine qu’au bout de cinq ans, je vais avoir une meilleure idée de comment ça fonctionne.

Réfléchis-tu à l’impact de ton travail sur ton mode de vie, tes amitiés et tes amours ?

Présentement, je suis en couple avec une fille qui est née sur une ferme. Ça m’aide à voir le quotidien d’une famille de ferme. Je me vois vraiment dans ce milieu. Ils travaillent beaucoup. Ça m’impressionne ! Je trouve que ça véhicule de très belles valeurs aux jeunes. Je suis convaincu de pouvoir avoir une belle famille sur une ferme.