Spécialisée en technologie de pointe, VyoO a conçu un système permettant la recherche d’objets 3D en stock et leur refabrication. En avance sur le reste de la planète techno, la jeune pousse montréalaise fait tout pour ne pas être dépassée par les géants de calibre mondial.

Samuel Larochelle
Samuel Larochelle Collaboration spéciale

Les produits de l’entreprise québécoise ne sont pas encore destinés au grand public. Pour l’instant, ils sont adaptés aux besoins spécifiques de grandes entreprises – qu’on ne peut pas nommer à cause du secret industriel – au Canada, en France, en Suisse et au Japon.

De plus en plus visibles à l’étranger, les dirigeants savent que la concurrence internationale est à leurs trousses. « Dans l’univers des machines d’apprentissage 3D et de la reconnaissance 3D en général, on est en avance sur nos principaux concurrents, tels Samsung, Oracle, Microsoft, Apple, Google, Amazon et Facebook, explique le président, Lionel de Carluer. On est conscients qu’ils courent plus vite que nous. »

Un système unique

Il a cofondé l’entreprise avec Laurent Juppé, Sherif Abuelwafa et Danaë Blondel, à qui l’on doit l’idée de départ en 2012. « On sait tous qu’il existe des moteurs de recherche pour identifier du texte ou une photo, mais rien ne permettait la recherche en trois dimensions basée sur une machine d’apprentissage 3D, dit-il. Trois ans plus tard, quand la technologie a été accessible pour réaliser notre projet, nous nous sommes lancés. »

Leur système capture l’identité 3D d’un objet (forme, volume, dimensions précises) avec la caméra d’un téléphone intelligent. L’objet peut ensuite être identifié dans une base de données avec ses caractéristiques et suivi dans son évolution.

PHOTO PHILIPPE BOIVIN, COLLABORATION SPÉCIALE

Lionel de Carluer, président de VyoO

Grosso modo, il sera possible de reconnaître une pièce industrielle, d’analyser son usure et ses défauts, de la refabriquer, de la tracer dans le temps et de l’incorporer dans une nouvelle base de données.

Lionel de Carluer, président de VyoO

Par exemple, un consommateur pourra évaluer l’usure d’un pneu et combien de temps il peut encore l’utiliser, avant qu’une commande soit faite sans qu’il ait à y penser.

Dans le monde médical, VyoO permettra aux patients de prendre eux-mêmes des mesures très précises pour commander prothèses, orthèses ou lunettes. « Ailleurs en santé, on pourra tracer l’évolution d’un corps dans le temps pour voir si un traitement, un exercice ou un régime produit un résultat », dit le président. Sans oublier une meilleure prise de dimensions et d’ajustements pour les produits achetés en ligne, comme des vêtements.

Rêvant du jour où les consommateurs pourront s’approprier leur innovation, les entrepreneurs affichent de grandes ambitions. « Nous voulons devenir le premier outil de reconnaissance 3D universelle. Être seconds n’est pas une option. On sait que nos principaux concurrents font des développements qui touchent à notre univers depuis 2016-2017. Notre écart sur eux se réduit avec le temps, en regard des moyens qu’ils déploient. »

Une année marquante

L’année 2017 a également marqué un grand changement pour VyoO. « Pendant quelques années, nous avons développé des prototypes à nos frais en Europe, avant de réaliser que nous avions atteint les limites en matière de développement, faute de compétences. »

C’est à ce moment qu’ils ont choisi de s’établir à Montréal. « Le Québec dispose d’un grand savoir-faire en apprentissage machine et en vision par ordinateur. En plus, le Québec et le Canada offrent un grand soutien financier aux jeunes pousses. »

L’objectif ultime : devenir le futur Google de la recherche 3D. « On n’est pas encore à ce stade, car il nous faudra énormément de données pour y arriver, mais c’est ce qu’on vise à long terme », dit Lionel de Carluer.