Au Canada, comme ailleurs dans le monde, seule une minorité d’entreprises et d’organismes utilisent l’infonuagique (le fameux cloud) à son plein potentiel. Une grave erreur, croit Neil D’Souza, de chez Accenture, l’entreprise qui a récemment mené une enquête mondiale sur le sujet.

Stéphane Champagne
Stéphane Champagne Collaboration spéciale

Intitulée Toujours prêt à saisir chaque occasion : comment libérer la compétitivité sur le continuum du nuage, cette enquête a été réalisée auprès de 4000 cadres supérieurs d’entreprises des secteurs privé et public à l’échelle mondiale, dont 200 cadres canadiens.

En gros, on y explique qu’utiliser le nuage comme un centre de données est limitatif pour la plupart des organisations. Et que cela peut désavantager les entreprises par rapport à celles qui utilisent le nuage de manière plus stratégique dans ses nombreuses formes.

PHOTO FOURNIE PAR ACCENTURE

Neil D’Souza dirige le groupe en stratégie technologique et capacité de transformation chez Accenture au Canada.

« Les entreprises dépensent des fortunes à gérer et à mettre à jour leurs systèmes informatiques », explique M. D’Souza, qui dirige le groupe en stratégie technologique et capacité de transformation chez Accenture au Canada. « C’est très important, mais ça n’a pas beaucoup de valeur commerciale. »

Selon lui, les technologies comme l’intelligence artificielle (IA), les centres de contact intelligents, l’informatique de pointe, la robotique et la réalité étendue sont accessibles par l’entremise de l’infonuagique.

Trois services

Le nuage est composé de trois services : l’IaaS (Infrastructure as a Service ou les infrastructures offertes en infonuagique), le SaaS (Software as a Service, les logiciels) et le PaaS (Platform as a Service, les plateformes). Le PaaS est celui qui est appelé à se développer davantage, car c’est lui qui donne accès notamment à l’IA et aux outils de recherche. À l’échelle mondiale, les trois principaux acteurs du PaaS sont AWS (Amazon), Google Cloud et Microsoft Azure.

D’ailleurs, ajoute Neil D’Souza, à peine de 10 % à 12 % des organisations (pour la plupart de jeunes entreprises qu’il qualifie de « concurrents du continuum ») utilisent les outils et les ressources insoupçonnés de l’infonuagique. Ce qui veut dire qu’environ 90 % des entreprises et des gouvernements en font fi.

Intégrer le « nuage » dans ses opérations quotidiennes nécessite évidemment des investissements et oblige une modification dans les méthodes de travail, soutient M. D’Souza. « Il faut être plus agile », dit-il.

Les gens des TI ne peuvent plus travailler sur un projet à la fois et passer au suivant. Avec le cloud, ce concept ne s’applique plus.

Neil D’Souza, d’Accenture

Et comme c’est le cas dans tout ce qui touche les nouvelles pratiques d’une organisation, tout le monde, de la haute direction aux simples employés, doit embrasser la cause. Autrement dit, un changement de culture s’impose.

Avantages

Quant aux avantages liés à une meilleure utilisation de l’infonuagique, les chiffres sont sans équivoque, selon M. D’Souza. En utilisant le nuage à son plein potentiel, les organisations peuvent atteindre, à terme, une réduction des coûts de 1,3 fois supérieure à celle des entreprises qui se concentrent principalement sur la migration des données.

Aussi, toujours selon l’enquête d’Accenture, ces mêmes organisations sont 3,6 fois plus susceptibles d’utiliser le nuage pour atteindre au moins deux objectifs de durabilité, tels que l’utilisation de sources d’énergie vertes, la conception pour une plus faible consommation d’énergie et l’utilisation plus efficace des serveurs pour réduire la consommation d’énergie.

Bref, l’infonuagique est une voie d’avenir, soutient Accenture. Et les entreprises qui en tiendront compte connaîtront des lendemains heureux.