Ceci n’est pas un scénario de science-fiction : d’ici cinq ans, on pourra éviter bouchons de circulation et cônes orange pour se rendre à un déjeuner d’affaires… par voie aérienne. Il suffira de demander un transport à bord du Jaunt Journey, un aéronef eVTOL, à partir d’une application, comme on le fait avec Uber.

Caroline Rodgers Collaboration spéciale

L’appareil eVTOL est un avion électrique à décollage et atterrissage verticaux qui sera construit par Jaunt Air Mobility, entreprise américaine venue s’installer au Québec récemment.

« Il décolle comme un hélicoptère, mais vole en translation, comme un avion, explique Éric Côté, président de Jaunt Air Mobility Canada. Cela lui permet donc d’atterrir n’importe où, mais la grande différence avec un hélicoptère, c’est que ça ne fait pas de bruit. »

Le principal marché cible est celui du transport de passagers dans les grandes villes. On vise notamment les mégapoles américaines et asiatiques.

« Le prix serait similaire au taxi, dit le président. Nous avons fait des études de cas. Partir du centre-ville de New York pour se rendre à l’aéroport JFK coûterait 48 $. »

Le modèle d’affaires entrevu est celui d’entreprises achetant une flotte d’appareils pour les exploiter dans un marché donné. Il faudra toutefois qu’elles aient les reins solides, puisqu’un aéronef eVTOL pourrait se vendre autour de 1,5 million de dollars.

Développement et partenariats

Présentement, l’entreprise en est à finaliser le développement des systèmes principaux, comme le système de batterie et d’avionique, avec ses partenaires étrangers. Localement, Jaunt Air Mobility a signé une entente avec CAE pour des simulateurs et programmes de formation pour les pilotes.

Si tout se déroule comme prévu, l’appareil, dans sa configuration finale, devrait être prêt au deuxième trimestre de 2023. On vise la fabrication à grande échelle pour 2024, et les premières ventes en 2026.

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Le principal marché cible est celui du transport de passagers dans les grandes villes.

« Selon les projections, on parle de milliers d’appareils en service d’ici cinq ans », dit Éric Côté.

Un élément déterminant permettant l’avènement de ces aéronefs est l’arrivée de la 5G.

« Si on devait utiliser le contrôle radar tel qu’on le connaît, ce serait impossible. L’arrivée de la 5G change la donne, car cela va permettre de gérer les communications à basse altitude. »

PHOTO ALAIN ROBERGE, ARCHIVES LA PRESSE

Éric Côté, président de Jaunt Air Mobility

Selon Éric Côté, environ 125 entreprises sont actuellement dans la course dans le monde pour développer ce type d’appareil, mais Jaunt Air Mobility est la seule qui a atteint le stade du prototype et des vols d’essai avec pilote à l’intérieur.

« Nombre de ces entreprises ont développé des concepts, sur papier, mais nous avons plusieurs milliers de décollages et atterrissages avec un prototype. »

Notre objectif est que ce soit un appareil fabriqué, assemblé, testé et certifié ici.

Éric Côté, président de Jaunt Air Mobility

Il va de soi que les investissements en aéronautique annoncés au printemps par les deux ordres de gouvernement ont été un incitatif majeur pour que l’entreprise décide de venir s’installer ici.

« Le fait qu’au Québec, on a beaucoup de ressources disponibles en aéronautique est propice au développement. De plus, du côté de Transports Canada, il y a une ouverture envers la certification de cet appareil de l’avenir, c’est plus favorable qu’aux États-Unis », conclut Éric Côté.