Établie depuis 1985 à Repentigny, Grandchamp Chapiteaux a pris un virage à 180 degrés il y a 10 ans pour se tourner vers la fabrication de chapiteaux quatre saisons destinés au secteur corporatif. L’entreprise a ainsi vu son chiffre d’affaires tripler et domine maintenant le secteur de la location de chapiteaux au Québec. Son défi ? Continuer son expansion dans une ville où les terrains commerciaux sont rares.

Julie Roy Collaboration spéciale

« Nous avons obtenu un contrat pour la fabrication de tentes pour l’armée. Cela a fait exploser notre production. On veut continuer notre croissance, mais ce qui nous limite, ce sont nos murs », soutient Bernard Grandchamp, le propriétaire.

L’entreprise a toutefois trouvé une solution en collaboration avec la Corporation de développement économique de la MRC de L’Assomption (CieNOV), l’acquisition d’un terrain de 100 000 pi2. D’ici la fin de 2022, il est prévu d’y construire de toutes nouvelles installations de 50 000 pi2. Un investissement de 7 à 8 millions de dollars auquel s’ajoute l’achat d’équipements d’automatisation. « On est bien installé sur le territoire et on ne voulait pas perdre d’employés en raison d’un déménagement dans une autre localité », explique l’homme d’affaires.

Un « non » est impossible

Les chapiteaux de Grandchamp ne ressemblent en rien aux chapiteaux de toile blanche que l’on peut louer. Sans poteaux, ils peuvent se transformer au goût des clients et ressemblent à une extension d’un bâtiment. « Des toiles transparentes ou imprimées, des portes et des fenêtres, et, peu importe la grandeur, chez nous, le mot “non” est impossible », explique Nelson Grandchamp, 27 ans, l’une des figures de la relève. Mais ce qui rend le produit vraiment unique, c’est sa résistance. « Nous vendons le concept de l’hiver, de l’innovation et de la solidité. En plus de la résistance, les chapiteaux doivent être faciles à fabriquer, à transporter, à monter et à entreposer », spécifie Kathleen Granchamp, 24 ans, l’autre visage de la relève. L’entreprise a d’ailleurs des clients jusqu’en Alaska.

PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE

Le propriétaire de Grandchamp Chapiteaux, Bernard Grandchamp, ses enfants Nelson et Kathleen, et sa femme Josée Champagne, avec leur chien Charlie.

Affronter la tempête

Œuvrant dans le domaine de l’évènementiel, l’entreprise est habituée aux imprévus, mais une pandémie ne figurait pas sur son radar. « Les premières semaines, nous avons perdu des millions, mais dans notre domaine, tout est toujours pour hier », affirme Bernard Grandchamp.

Nous sommes habitués à réagir rapidement. Alors, quand on a fait appel à nous pour des besoins médicaux et commerciaux, on était prêts.

Bernard Grandchamp

« On a même construit un chapiteau qu’on a transformé en hôpital à Verdun. C’était un véritable bâtiment avec la climatisation, l’eau courante, l’électricité. D’autres nous ont demandé de construire des habitations temporaires pour agrandir leur cafétéria, par exemple. »

UGAR, une université pour former ses employés

Grandchamp Chapiteaux, comme bien d’autres manufacturiers, a dû s’ajuster face à la pénurie de main-d’œuvre. L’entreprise a haussé les salaires de ses 70 employés de 40 % et a même mis sur pied l’« Université Grandchamp à Repentigny » (UGAR). « On mise beaucoup sur le dépassement de soi et le développement des individus. Fabriquer et monter des chapiteaux, ça ne s’apprend pas sur les bancs d’école. On s’occupe de la formation de A à Z », affirme fièrement Bernard Grandchamp.

Une relève aux premières loges

Quant à l’avenir, il est bien assuré avec les deux enfants du propriétaire, et les idées ne manquent pas. « On a grandi ici, l’entreprise était carrément notre camp d’été. On a fait tous les emplois. Maintenant, on veut aller plus loin et développer encore plus le marché américain », dit la fratrie d’une seule voix.