Pour tirer avantage du potentiel économique que représentent les innovations technologiques au sein de la « nouvelle industrie agricole », Repentigny et L’Assomption comptent investir plus de 400 millions dans la construction de bâtiments industriels de grande superficie au cours des prochaines années.

Yvon Laprade
Yvon Laprade Collaboration spéciale

Ces investissements massifs se feront dans la Zone Agtech, qui couvre un territoire de 15 kilomètres carrés, dans la MRC de L’Assomption, une région à forte vocation maraîchère.

Un premier bâtiment de 400 000 pieds carrés disposant de toits verts, qu’on prévoit inaugurer dès l’été 2022, sera construit sur le site de l’ancienne usine Electrolux, à L’Assomption.

« D’autres bâtiments s’ajouteront sur une période de trois à cinq ans, précise Marilou Cyr, directrice de la Zone. À terme, on s’attend à ce que de 100 à 150 entreprises, de la start-up à l’entreprise de plus grande taille, viennent s’y installer. »

Parallèlement, des investissements de 85 millions sont prévus à Repentigny, dans le secteur Le Gardeur, encore une fois pour la construction d’un bâtiment techno, à l’intention des producteurs agricoles qui ont des besoins de plus en plus pointus pour adapter leur production en fonction des besoins grandissants de leurs clients en matière d’environnement et de développement durable.

« Ce sont des choix importants [qui sont faits par les villes de la MRC], souligne la directrice. Ce faisant, elles misent sur les forces vives dans la région. »

PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, LA PRESSE

Marilou Cyr, directrice de la Zone Agtech

Nous comptons plus de 150 producteurs agricoles [au sein de la MRC]. Dans la région de Lanaudière, ce nombre atteint 1550. D’ailleurs, Lanaudière est la quatrième région en importance en termes d’agriculture.

Marilou Cyr, directrice de la Zone Agtech

Rassembler et faciliter

Il ne fait pas de doute, illustre la directrice, que les nombreux projets en voie de réalisation vont orienter l’avenir économique de la région au cours de la prochaine décennie. Aussi s’attend-elle à ce que cette zone technologique facilite le regroupement d’entreprises, de chercheurs, de développeurs d’idées.

« C’est précisément cela, notre mission, rassembler et faciliter les choses pour les entrepreneurs, les centres de recherche, les jeunes pousses, les donneurs d’ordres, les institutions financières, et bien d’autres acteurs de l’industrie, afin que tous ces acteurs puissent travailler en collaboration et proposer leurs innovations à leurs clients utilisateurs », énumère-t-elle.

La décision stratégique de créer cette zone d’innovation, tant à Repentigny qu’à L’Assomption, sur les terrains de l’ancienne usine Electrolux sera une occasion privilégiée, espère-t-elle, pour les entreprises de se développer plus rapidement, en évoluant dans un environnement stimulant.

Fait à souligner, c’est à Repentigny et à L’Assomption qu’est née l’idée de créer une zone d’innovation vouée à la « nouvelle agriculture ».

Les enjeux de l’heure

Chose certaine, rappelle la directrice, les producteurs agricoles sont confrontés à des enjeux considérables par les temps qui courent. Et pour y faire face, ils doivent compter sur les avancées technologiques, qu’on pense aux robots autonomes pour le désherbage et la récolte aux champs de fruits et légumes, ou encore à l’agriculture de précision pour maximiser les rendements sans trop abîmer les terres.

Marilou Cyr évoque les enjeux de sécheresse, les changements climatiques, le manque de main-d’œuvre, l’autonomie alimentaire, l’utilisation des pesticides…

« Pour cela, il faut accélérer et faciliter les transferts technologiques et favoriser un accès aux marchés au Québec et à l’étranger aux développeurs de technologies adaptées. »

Rappelons que la Zone Agtech, qui compte 40 entreprises – et qui rayonne au Québec avec un total de 200 membres –, a vu le jour en février 2020.

« Tout juste avant la pandémie de mars », dit en soupirant la directrice, qui a maintenant le sentiment que le vent (technologique) a commencé à tourner dans la bonne direction.