Deux jeunes ingénieurs fraîchement diplômés de Concordia ambitionnent de faire rouler les véhicules routiers grâce à l’énergie solaire. Ils envisagent même la construction d’une usine de panneaux solaires, mais pour le moment, leurs activités se concentrent en Floride et en Europe. Parcours.

Yvon Laprade
Yvon Laprade Collaboration spéciale

En janvier 2020, alors qu’il se trouvait en vacances à West Palm Beach, en Floride, Samy Benhamza a vu passer un véhicule électrique de quartier. C’est à partir de ce moment qu’il a eu l’idée de proposer au transporteur Circuit son concept de module de panneaux solaires qui aident à « ménager » la batterie.

« J’ai demandé à rencontrer l’un de leurs directeurs pour lui exposer ma démarche, ainsi que celle de mon partenaire, Hanssan Permalloo, raconte l’ingénieur âgé de 23 ans. Il a souhaité en faire l’essai. »

Il faut comprendre que cette proposition ne tombait pas du ciel…

« Faire rouler un véhicule à l’énergie solaire [avec des panneaux intégrés au toit], c’était notre travail de fin d’études universitaires à Concordia, fait-il valoir. Nous avions travaillé très fort sur ce projet avec l’aide de nos professeurs. »

PHOTO FOURNIE PAR CAPSOLAR

Un véhicule de Purolator équipé de la technologie de CAPSolar

Puis les choses ont évolué à la vitesse grand V. En juin de la même année, les deux passionnés ont fondé leur jeune entreprise, CAPSolar.

Quatre mois plus tard, Circuit acceptait de tester la technologie sur l’un de ses 500 petits véhicules de transport urbain.

« Ce fut très concluant, se réjouit Samy Benhamza, PDG de l’entreprise. Il y a un mois, nous avons ratifié une première entente commerciale avec Circuit, qui prévoit installer nos modules sur 10 de ses véhicules. C’est un petit contrat, 25 000 $, mais c’est un début. On vise une centaine d’autres commandes. »

Précédemment, les panneaux solaires avaient été testés « avec de très bons résultats », tient-il à rappeler, sur une voiturette électrique, au terrain de golf Saint-François à Laval et sur un petit camion cargo de Purolator, permettant de « hausser l’autonomie énergétique jusqu’à 25 % ».

PHOTO FOURNIE PAR CAPSOLAR

Samy Benhamza et son associé Hanssan Permalloo

On pense que le solaire, c’est l’avenir, c’est logique, c’est propre, non seulement pour les petits véhicules électriques, mais aussi pour les automobiles, les véhicules de ville, comme la Tesla.

Samy Benhamza, cofondateur de CAPSolar

En mission

L’ingénieur est en mission. Il rentre tout juste d’une « mission intensive » en Europe, où il a passé les trois derniers mois, en compagnie de son associé, à travailler sur le concept définitif des panneaux solaires qui seront intégrés au toit des petits véhicules urbains, en Floride.

Et pourquoi en Europe, en pleine pandémie mondiale ?

« Au Québec, il y a un fabricant de panneaux, mais il n’a pas répondu à nos appels de collaboration, explique-t-il. En Suisse, nous avons trouvé un tel partenaire, la compagnie Kromatix, et en Belgique, nous avons eu tout le soutien technique du Laboratoire aéro-thermo-mécanique de l’Université libre de Bruxelles. »

Là-bas, les deux jeunes dirigeants ont fait très bonne impression auprès de l’important fabricant de panneaux solaires européen, au point où on leur a proposé une association d’affaires.

« Ils souhaitent s’attaquer au marché nord-américain et ils font appel à nous dans cette démarche commerciale, résume Samy Benhamza. Il faut croire qu’ils ont aimé notre façon de travailler, notre efficacité. »

Il ne cache pas que ces trois mois passés outre-Atlantique ont été à la fois stimulants, du point de vue du développement de nouveaux marchés, et éprouvants, du point de vue sanitaire.

« Pour le travail, on a effectué de nombreux déplacements, convient-il. Chaque fois qu’on traversait la frontière, on devait subir des tests de COVID-19. Personnellement, j’en ai eu une bonne vingtaine ! »

De retour à la maison, il aimerait voir se déployer une industrie du solaire dans sa propre cour. « On se sent appuyés dans nos efforts, mais il faut davantage, convient-il. Ça prend des investissements, de l’aide gouvernementale pour aller plus rapidement dans cette direction. »