Faire ses choix de vie en fonction de ses passions et de ses valeurs : c’est ce qu’ont toujours fait Donald Gingras et Lorraine Bilodeau Gingras. Économiser pour leurs vieux jours n’a jamais été une priorité. Mais leurs parents leur ont toujours dit qu’il était très important d’être propriétaires. Le couple a suivi ce conseil, et c’est la vente de son duplex qui lui a permis de prendre une retraite confortable.

Martine Letarte Martine Letarte
Collaboration spéciale

« À 70 ans, il était temps de ralentir le rythme et nous avons décidé de prendre notre retraite, de vendre notre duplex et de nous acheter un bungalow à Drummondville, près de chez notre fille et de nos petits-enfants », dit Donald Gingras.

Si le couple profite d’une retraite confortable, dans le passé, plusieurs proches se sont inquiétés pour ses vieux jours. C’est que ce couple n’a pas suivi un parcours traditionnel. À la fin de la trentaine, les deux conjoints ont quitté leurs emplois au Québec pour s’installer avec leurs enfants en Saskatchewan. Leur objectif était d’étudier la relation d’aide pour devenir missionnaires évangéliques.

« Rapidement, des organisations nous ont recrutés comme stagiaires et envoyés en mission, raconte M. Gingras. Nous avons reçu des dons et terminé trois ans d’études sans dette. »

La sécurité d’être propriétaire

Pour financer ce retour aux études, le couple avait tenté de vendre son duplex à Montréal, sans succès. C’était finalement probablement une bonne chose. « Nous avions des locataires, donc le duplex s’autofinançait, et mon père s’en est occupé pendant notre absence », indique M. Gingras.

Ensuite, le couple s’est installé à Québec. « Mon père tenait à ce que j’achète une maison et puisque notre duplex n’était toujours pas vendu, il nous a aidés financièrement », ajoute-t-il.

Puis, le duplex a trouvé preneur. Peu de temps après, le couple est revenu à Montréal, a vendu sa maison de Québec et s’est racheté un duplex à Montréal. « Grâce aux profits de la vente de nos deux propriétés, nous avons pu mettre 45 % de mise de fonds », explique M. Gingras.

Être propriétaire a permis de stabiliser, puis de baisser le prix de notre loyer. C’était important, parce que nous n’avions pas un gros salaire comme missionnaires. Mais nous aimions profondément ce que nous faisions.

Donald Gingras

Il n’en demeure pas moins que le couple a, pendant la majeure partie de sa vie active, mis tous ses œufs dans le même panier. « Il est toujours possible que la valeur des propriétés stagne, mais ce qui est intéressant avec l’immobilier, c’est que devoir payer son hypothèque et l’entretien chaque mois est une forme d’épargne forcée », indique Simon Préfontaine, planificateur financier chez Lafond Services Financiers.

Faire des profits et les réinvestir

Heureusement pour le couple de missionnaires, son duplex acheté en 1997, « toujours bien entretenu », vient d’être vendu avec une bonne marge de profit.

« Pour réduire la facture fiscale, nous avions beaucoup de rénovations déductibles, nous avons cotisé à nos REER et nous avons redonné à des organismes évangéliques qui nous ont aidés depuis 30 ans », précise M. Gingras.

Plutôt que de réaliser un maximum de rendement avec la somme reçue de la vente du duplex, le couple a choisi d’aider son garçon à payer sa maison et sa fille à payer le fonds de roulement de son entreprise. « Nous avons beaucoup reçu et maintenant, nous redonnons, affirme M. Gingras. C’est une roue qui tourne. »

« Le couple avait de l’argent en extra d’après différentes projections de retraite, et après s’être fait expliquer les options possibles, il a décidé de ne pas prendre de risques en choisissant un portefeuille sécuritaire et d’aider ses enfants, indique Simon Préfontaine. Ce n’était pas la meilleure décision d’un point de vue financier, mais ce l’était d’un point de vue émotionnel. »