Rachelle Séguin et Andrea Gomez rêvent grand pour leur entreprise Omy Laboratoires, spécialisée dans les produits de soins pour la peau personnalisés et faits sur mesure. Si l’idée a germé en 2017, elle a demandé beaucoup de travail, de volonté, de temps, de créativité et d’argent pour prendre vie… et maîtriser sa flamboyante envolée !

Maude Goyer
Collaboration spéciale

« 500 % ! C’est ça, la croissance de notre chiffre d’affaires en un an », lance Andrea Gomez, cofondatrice et directrice générale d’Omy Laboratoires.

Fondée en janvier 2018, l’entreprise établie à Québec a démarré ses ventes en mai 2019. Depuis, elles sont en explosion. « On vise un chiffre d’affaires de 5 millions de dollars pour notre troisième année », dit Mme Gomez, enthousiaste et volubile.

Aujourd’hui, les deux femmes dans la vingtaine sont à la tête d’un laboratoire à la fine pointe de la technologie qui emploie 32 personnes. Leurs produits phares ? Une crème hydratante pour le visage et un sérum, déclinés en plus de 4000 formulations uniques selon les problématiques (acné, rougeurs, allergies, etc.) et les goûts (texture et odeur) de chacune des clientes.

L’intelligence artificielle dans les crèmes

PHOTO ERICK LABBÉ, LE SOLEIL

En 24 heures, la formulation unique au client est créée, mise en pot et emballée.

Bien que l’entreprise ait une quarantaine de points de vente au Québec, la majorité des ventes se font en ligne. La marche à suivre est simple. La consommatrice remplit un formulaire (cela prend approximativement trois minutes) et envoie une photo de son visage. C’est là que l’intelligence artificielle entre en jeu : le logiciel créé par Omy Laboratoires, SkinIA, étudie la photo grâce à une technologie d’analyse cutanée 3D, puis la compare à celles de la banque de données.

En 24 heures, la formulation unique est créée, mise en pot et emballée. « Selon la région où on expédie, cela prend entre deux et sept jours ouvrables avant de recevoir sa commande », souligne Rachelle Séguin, cofondatrice et présidente.

Dès le départ, réduire le gaspillage, offrir des produits efficaces et de qualité, faire les choses localement et être collé aux besoins de la clientèle étaient au cœur des priorités et des valeurs des deux entrepreneures. Mais mettre tout ça en action ne fut pas un chemin tranquille... « On a pris un an pour faire de la recherche et du développement, dit Mme Séguin, chimiste et détentrice d’une maîtrise en sciences pharmacologiques. C’était important pour nous de faire les choses différemment, d’innover. »

Course effrénée au financement

Cette année a été remplie de défis... financiers surtout, révèle Mme Gomez. « On a couru les subventions », indique celle qui est cosméticienne et a étudié en administration et en ressources humaines. « On a cogné à la porte du Conseil national de recherches Canada pour développer les formules. »

On a reçu des bourses scolaires de l’Université Laval, on a reçu de l’aide de la Ville de Québec, du ministère de l’Économie et de l’Innovation, de la Banque de développement du Canada, de Développement économique Canada et d’un ange investisseur.

Andrea Gomez, cofondatrice et directrice générale d’Omy Laboratoires

Les deux femmes ont fait leur chemin dans des organisations d’affaires comme Femmessor et Futurpreneur Canada pour élargir leur réseau. « C’est l’une des clés de notre succès, explique Andrea Gomez. Il a fallu convaincre beaucoup de gens et démontrer la validité de notre projet. »

Prendre aussi soin de soi

Pendant près de trois ans, elles ont roulé à près de 90 heures de travail par semaine. « Nous sommes les piliers, glisse Mme Séguin. Oui, il y a le risque financier, mais il y a aussi la responsabilité sociale et toute la charge mentale qui vient avec ! » Selon Andrea Gomez, ce rythme effréné est lié à la croissance : « C’est allé très vite et nous sommes très exigeantes envers nous-mêmes et envers les autres. Il faut apprendre à prendre soin de nous, pour le bien de notre santé mentale. »

Pour les prochaines années, elles mettent le cap sur la manufacture 4.0 pour rendre tout le processus plus fluide et automatiser certaines parties de la production. Elles travaillent aussi sur des emballages écologiques et responsables « à base de fécule de maïs et de canne à sucre », précise Mme Séguin.

De plus, la gamme de produits sera élargie sous peu. « On veut créer des routines de soins complètes pour le visage sur mesure et encore plus que jamais, célébrer l’unicité de chaque personne », dit Mme Gomez.