Une chose que la pandémie nous a apprise quant à la façon de gérer nos finances est certainement la nécessité de toujours maintenir une réserve à laquelle on peut avoir accès en tout temps. Bien des gens qui ont perdu leur emploi de façon temporaire ou permanente au cours de la dernière année l’ont appris à la dure.

Publié le 14 févr. 2021
Jean Gagnon Collaboration spéciale

Pour se créer une réserve, le compte d’épargne libre d’impôt (CELI) s’avère un excellent outil, explique David Truong, conseiller au Centre d’expertise Gestion privée 1859 de la Banque Nationale. Le montant de la réserve est propre à chacun. En règle générale, les planificateurs financiers estiment que la réserve doit permettre de régler toutes ses dépenses pour une période de trois mois. Mais en période de pandémie, compte tenu des incertitudes, elle peut être plus importante et couvrir jusqu’à six mois de dépenses, croit le conseiller.

Si le CELI est un bon endroit pour conserver son fonds de réserve, c’est parce que l’argent peut être retiré rapidement, et comme il n’y a pas eu de gains fiscaux à l’entrée, les sommes retirées ne sont pas imposables à la sortie. De plus, les sommes retirées du CELI peuvent être retournées dès l’année suivante. Ainsi, ces retraits n’entraînent pas de perte de droits de cotisation. Comme les sommes retirées du REER s’ajoutent aux revenus et qu’elles sont imposables, et que les droits de cotisation sont perdus, on comprend que le REER n’est pas l’endroit idéal pour conserver son fonds de réserve.

Mais il importe de ne pas oublier que le CELI est d’abord et avant tout un outil puissant d’accumulation d’épargne en vue de la retraite, parce que tous les revenus d’intérêt et les gains en capital seront toujours à l’abri de l’impôt.

Bien utiliser le CELI

La comparaison entre les deux régimes d’épargne enregistrés est assez simple, explique François Martel, vice-président régional, planification financière, chez BMO Groupe financier.

Le CELI est comme un REER, sauf qu’il n’y a pas de remboursement d’impôts lorsque l’on cotise, et que les retraits ne seront pas imposables.

François Martel

Si vous croyez que vos revenus vont augmenter de façon importante avec les années, vous avez avantage à utiliser d’abord le CELI, suggère François Martel. Cela vous permettra d’accumuler les droits de cotisation à votre REER et de les utiliser plus tard lorsqu’ils vous permettront d’obtenir des remboursements d’impôts plus importants.

L’appellation CELI, soit un compte d’épargne libre d’impôt, fait que son utilité est encore mal comprise par plusieurs, qui l’associent à un compte de banque. Pour cette raison, bien des gens n’investissent pas les sommes qu’ils ajoutent à leur CELI chaque année. En effet, un sondage réalisé par BMO Groupe financier en novembre révèle que les Canadiens conservent 38 % de leur CELI en liquidités. « On laisse donc beaucoup d’argent sur la table », dit François Martel.

Profitez-en

Nul doute que le CELI va prendre de plus en plus de place dans la préparation de la retraite, croit David Truong. « Étant donné que les droits de cotisation augmentent avec l’inflation et que tous les revenus sont à l’abri de l’impôt et ne seront pas imposables à la sortie, le poids du CELI dans l’épargne-retraite des Canadiens est appelé à devenir déterminant, dit-il. Profitez-en dès que possible, car qui sait si plus tard le gouvernement ne décidera pas de modifier les règles ? »