Contrairement aux diamants, le REER n’est pas éternel. Au 31 décembre de votre 71e anniversaire de naissance, vous devrez obligatoirement avoir transformé votre REER en fonds enregistré de revenu de retraite (FERR). Autrement dit, vous ne pourrez plus contribuer à votre REER. Vous devrez plutôt commencer à y piger un montant minimal annuellement.

Stéphane Champagne Stéphane Champagne
Collaboration spéciale

« Même si le détenteur du REER oublie ou refuse de le transformer en FERR, l’institution financière le fera à sa place. Dès lors, le détenteur du FERR devra effectuer un retrait minimum (5,28 % du montant total du FERR) au cours de l’année. Et cet argent sera imposé », résume Daniel Lanteigne, associé principal chez Reverber Stratégies financières intégrées.

Que faire une fois qu’on détient un FERR ?

Il est permis de continuer à investir l’argent contenu dans son ou ses FERR, car on peut en posséder plus d’un. Les profits sont exempts d’impôt tant qu’ils demeurent dans le FERR. Il est également permis d’avoir des liquidités à sa disposition.

Bref, on gère son FERR comme on le désire pourvu qu’on respecte certaines règles, notamment retirer le montant minimal exigé. Plus on vieillit, plus le pourcentage du montant minimal qu’on doit retirer annuellement augmente.

Certains retraités plus conservateurs décideront plutôt de mettre fin à leur FERR en le transformant en rente viagère ou en rente à durée déterminée (ou rente certaine).

Continuer à investir

Les investisseurs à qui les marchés sont familiers devraient continuer à y investir, croit Daniel Lanteigne. Un FERR peut contenir des certificats de placement garanti, fonds communs, fonds négociés en bourse, actions ou obligations.

Toutefois, par prudence, le planificateur financier recommande fortement de conserver des liquidités dans un compte qui rapportera peu, mais qui sera à l’abri des soubresauts économiques.

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Daniel Lanteigne, planificateur financier et associé principal chez Reverber stratégie financière intégrée

Quand on a de 8 à 36 mois de liquidités en face de soi, on a amplement le temps d’attendre pour profiter des conditions favorables du marché. On se protège ainsi des fluctuations. Ce n’est pas parce qu’on est à la retraite qu’on doit obligatoirement mettre son argent à la retraite.

Daniel Lanteigne, associé principal chez Reverber stratégie financière intégrée

Choisir une rente

Si un retraité désire ne pas conserver son FERR (qui est en fait un simple contenant tout comme le REER, rappelle Daniel Lanteigne), il peut le confier à une compagnie d’assurances qui, en retour, lui versera une rente selon une période prescrite.

Il y a tout d’abord la rente viagère par laquelle on reçoit une rente jusqu’à son décès. Elle s’adresse aux gens persuadés que les marchés vont s’effondrer ou qui pensent vivre très longtemps, explique le planificateur financier. « L’objectif, avec une rente viagère, c’est de battre l’actuaire », dit-il.

À l’instar des autres produits d’assurance, M. Lanteigne suggère de « magasiner sa rente », évoquant une « concurrence par tranche d’âge ». Il est important de bien comprendre la rente choisie. Plusieurs avenants et autres options permettent de protéger son pécule en cas de décès prématuré, par exemple.

La principale autre rente connue est dite « à durée déterminée », c’est-à-dire qu’on verse au bénéficiaire une rente pour une période déterminée. Les avantages de cette rente : elle est à l’abri de l’évolution des marchés et elle est transférable à ses héritiers.

Par ailleurs, souligne Daniel Lanteigne, le gouvernement fédéral a annoncé qu’il serait possible de consacrer une partie de son épargne-retraite à l’achat d’une rente viagère différée à un âge avancé. « Les gens qui s’attendent à avoir une vie longue peuvent différer un montant d’argent afin de créer un revenu à un âge avancé », résume-t-il.