Des taux d’intérêt au plancher. Un marché boursier euphorique. Une pandémie qui perdure : en ces temps d’économie incertaine, comment s’y prendre pour faire croître le pécule contenu dans son régime enregistré d’épargne-retraite (REER) ? Les gestionnaires de portefeuille Édith Beaucage et Martin Lalonde y vont de quelques recommandations.

Stéphane Champagne Stéphane Champagne
Collaboration spéciale

Selon eux, des occasions existent. Il faut toutefois jouer de prudence. Opter pour des échéances plus courtes, miser sur des secteurs qui se relèveront à mesure que la pandémie s’atténuera, investir en Europe et en Asie ainsi que conserver des liquidités dans son portefeuille sont autant de stratégies à considérer.

Selon Martin Lalonde, gestionnaire de portefeuille et président d’Investissement Rivemont, nous en sommes « à la dernière manche d’un marché boursier incroyable qui dure depuis maintenant 12 ans ». Autant parer à toute éventualité, croit-il.

Nous pensons que c’est un moment idéal pour ajouter aux portefeuilles des stratégies alternatives qui ne sont pas totalement corrélées avec le marché des actions. On parle de commodités et de fonds alternatifs.

Martin Lalonde

Martin Lalonde s’intéresse à l’or. Y consacrer une petite partie de son portefeuille (notamment par l’entremise de fonds négociés en Bourse) n’est pas une vilaine idée, croit-il. Selon lui, « la surimpression d’argent » par les gouvernements pourrait donner des ailes au métal jaune.

PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE

Martin Lalonde, gestionnaire de portefeuille et président d’Investissement Rivemont

Idem pour les produits de consommation courante et les technologies. « Si ce n’est déjà fait, il faut essayer de positionner son portefeuille pour être exposé aux nouvelles façons de socialiser et d’échanger, dit-il. L’économie change et plusieurs entreprises en profitent. Le seul côté négatif, c’est que les actions de ces entreprises sont surévaluées. C’est la même chose avec les entreprises d’énergies renouvelables. »

Enfin, Martin Lalonde soutient qu’il faut « se préparer à jouer plus défensif ». Détenir des liquidités mérite réflexion si l’on tient compte des grandes capitalisations américaines, dit-il. Bref, il n’y a rien de mal à passer à la caisse en cette période boursière exaltante.

Maintenir le cap, mais avec ouverture

Selon Édith Beaucage, gestionnaire de portefeuille et cofondatrice de Beaucage Bruneau Groupe Conseil, affilié à Valeurs mobilières Desjardins, tout investisseur devrait maintenir le cap et s’en tenir au plan élaboré. Mais rien n’empêche, dit-elle, d’explorer des secteurs ou des produits qui laissent entrevoir de beaux lendemains.

Tôt ou tard, dans la post-pandémie, il va y avoir une reprise. Tout est en place pour une reprise des activités économiques. Sur les marchés, les perdants d’hier seront les gagnants de demain.

Édith Beaucage

Il faut donc être prêt à bouger. Édith Beaucage suggère des échéances plus courtes, notamment en ce qui a trait à l’achat d’obligations.

Mme Beaucage est d’avis qu’accroître sa présence à l’étranger est également une stratégie qui pourrait s’avérer payante à terme. Voulant réduire sa présence continentale, elle évoque notamment l’Europe et l’Asie. Parmi ses véhicules de prédilection pour y parvenir : les fonds négociés en Bourse (FNB) et les fonds communs. « Ces produits, dit-elle, permettent d’atteindre facilement les marchés ailleurs dans le monde, que ce soit sur une base géographique ou sectorielle », explique-t-elle.

Mais attention : même si elle considère les FNB comme « des outils extraordinaires », elle invite à la plus grande prudence. Se comptant par centaines, sinon par milliers, les FNB ne se valent pas tous, dit en substance Édith Beaucage.