Ce fut un peu fou en 2020, admettons-le. L’arrivée d’une pandémie qui plonge l’économie en récession, la Bourse qui implose de 35 % en un mois, mais qui réalise ensuite une remontée spectaculaire. Devant l’incertitude de 2021, avoir un plan d’épargne solide demeure la clé du succès. Conseils d’experts.

Publié le 31 janv. 2021
Jean Gagnon Collaboration spéciale

C’est souvent un peu fou sur les marchés boursiers, rappelle Anne-Marie Girard-Plouffe, conseillère en placement chez IA Valeurs mobilières. À chaque épisode de grande volatilité, on a souvent l’impression que l’on vit un moment unique. Pourtant, on dénombre plusieurs moments un peu fous où les investisseurs pouvaient commettre des erreurs coûteuses, rappelle la conseillère.

Nous n’avons qu’à retourner à la fin de 2018 : la Bourse américaine avait dévissé de plus de 16 % durant le seul mois de décembre, alors que cette période de l’année est généralement propice à des gains boursiers.

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Anne-Marie Girard-Plouffe, conseillère en placement chez IA Valeurs mobilières

Ceux qui, par découragement, ont liquidé une partie de leur portefeuille au début de 2019, ne pouvant soutenir ces pertes, se sont privés par la suite de solides rendements.

Anne-Marie Girard-Plouffe

Qu’a-t-on appris de cette année folle qui vient de se terminer ? Doit-elle nous pousser vers une nouvelle stratégie de placement ?

Le plan, toujours le plan

« Qu’auriez-vous fait si, en janvier dernier, vous aviez su qu’en quelques mois, une pandémie de grippe allait se développer et plonger la planète dans une récession économique d’une ampleur rarement vue ? », demande Daniel Chartier, conseiller financier chez Valeurs mobilières Desjardins. Les décisions que vous auriez prises auraient-elles été les bonnes ? On peut en douter.

Après l’année que l’on vient de vivre, la meilleure stratégie pour la gestion de votre REER demeure l’établissement d’un plan d’ensemble s’appuyant sur une solide répartition d’actifs, et adapté à votre situation et votre tolérance au risque. Et surtout, de ne pas y déroger, assure le conseiller de Desjardins. « On n’y échappe pas. C’est la solution, et pour tous les groupes d’âge », dit-il.

Le rééquilibrage

Par ailleurs, la période de cotisation au REER après une année telle que celle que l’on vient de vivre peut devenir l’occasion rêvée pour rééquilibrer son portefeuille, explique Daniel Chartier. Lorsque la valeur de certains actifs financiers connaît des variations importantes durant une année, l’équilibre souhaité du portefeuille peut être touché.

On peut alors utiliser les liquidités que procurent les remboursements d’impôt pour investir dans la ou les catégories d’actifs qui se retrouvent sous-pondérées à cause des fluctuations de marché. « Ce rééquilibrage permet de maintenir le portefeuille à l’intérieur de la fourchette de risque prévue dans le plan d’ensemble », dit Daniel Chartier.

Être toujours investi

Une fois de plus, les évènements nous ont rappelé qu’une forte volatilité peut survenir en tout temps, mais que la seule façon de réaliser les objectifs à long terme de son REER, c’est de toujours demeurer investi, peu importe ce qui se passe, estime Richard Giroux, conseiller en placement chez IA Valeurs mobilières.

« Pour y arriver, l’investisseur doit s’assurer de bien se connaître afin de se doter d’un portefeuille dont il est capable d’assumer le risque. Ainsi, il pourra faire face aux fluctuations inattendues des marchés, et il ne risquera pas de faire des gestes sous le coup de l’émotion », dit-il.