Au début de mai, Total Fabrication avait vendu près de 15 000 L de son désinfectant à mains… qui n’existait pas quelques semaines plus tôt. L’entreprise du Bas-du-Fleuve, derrière les marques Pure et Pure nature, a conçu son nouveau produit à la vitesse grand V !

Samuel Larochelle Samuel Larochelle
Collaboration spéciale

Peu avant que le gouvernement Legault annonce le confinement général, la PME avait reçu une cinquantaine d’appels de fournisseurs lui demandant un produit pour désinfecter les mains. « Pour nous, c’était plus qu’une opportunité commerciale », affirme le directeur général Anthony Poitras.

« C’était notre devoir comme entreprise soucieuse de la planète et des gens d’aider la communauté à enrayer ce virus, en créant un produit qui répond à un besoin criant. »

— Anthony Poitras, directeur général de Total Fabrication

Depuis plus d’une décennie, l’entreprise est reconnue pour ses produits de détergents et de cosmétiques : assouplissants, détergents à lessive, liquides à vaisselle, parfums, savons à mains et pour le corps, shampoings, etc. Ils sont certifiés biologiques, non testés sur les animaux et sans danger pour les fosses septiques.

En mars dernier, Total Fabrication a réorganisé ses opérations pour créer un désinfectant plus vite que jamais. « C’est loin d’être simple à fabriquer, précise le directeur général. Quand on vend un produit qui désinfecte à 99,9 % les mains et les surfaces, ça prend une homologation de Santé Canada, un processus qui prend habituellement de 6 à 12 mois. Présentement, le gouvernement a accéléré le tout. »

Du parfum d’ambiance au désinfectant

En plus de concevoir une étiquette répondant aux exigences gouvernementales, l’entreprise a dû trouver des bouteilles, des bouchons et des vaporisateurs en pleine pénurie de matériel. « On a utilisé nos propres bouteilles destinées à d’autres produits. » Même défi pour trouver l’alcool, dont le produit doit être composé à au moins 60 % pour agir efficacement. « Puisqu’on fabriquait déjà un parfum d’ambiance à base d’alcool d’éthanol, on avait un approvisionnement qu’on a relocalisé vers cette production. »

Ainsi, même si plusieurs contrats pour certains autres produits jugés moins essentiels ont cessé, la PME a conservé tous ses employés. « Tout le monde a relevé ses manches et s’est serré les coudes… à 2 m de distance, explique M. Poitras. On a la chance d’avoir un bâtiment de 75 000 pi2 qui nous permet de respecter les mesures de distanciation. »

Les gestionnaires ont également mis en place des procédures d’hygiène, de désinfection des surfaces critiques et de rotation des pauses des employés. « Tout cela amène un stress. Au départ, les gens étaient très angoissés et ne voulaient pas attraper le virus. Heureusement, nous sommes dans la région la moins touchée du Québec. »

C’est d’ailleurs aux services essentiels du Bas-Saint-Laurent (service de poste, compagnies de transport, casernes d’incendie) que le nouveau désinfectant a été offert en priorité. Puis, il a été vendu dans plusieurs pharmacies et à une trentaine de magasins en vrac. « On vient d’étendre notre distribution au Québec, en Ontario et dans les Maritimes. »

Les affaires vont bien pour Total Fabrication. Son nouveau produit représente désormais 30 % de son chiffre d’affaires. Depuis 18 mois, Total Fabrication a investi environ un demi-million de dollars pour s’adapter à la hausse de la demande des produits en vrac et vendus en ligne. « On est prêt à suivre la demande ! »

Total Fabrication en bref

Siège social : Saint-Alexandre-de-Kamouraska

Entreprise fondée en 2005

Nombre d’employés : 35