En ces temps de pandémie, la sommelière Jessica Harnois est très présente sur le web.

Martine Letarte Martine Letarte
Collaboration spéciale

Elle a été l’une des premières, au début du confinement, à offrir des cours gratuits sur le vin en direct de sa page Facebook. Elle organise maintenant aussi une partie de Vin mystère, son jeu de dégustation, tous les vendredis soir. Celle qui a lancé la gamme de vins BÙ en épicerie il y a quelques années a la bosse des affaires depuis qu’elle est enfant, alors qu’elle vendait ses dessins après en avoir négocié le prix. Mais son MBA pour cadres obtenu à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) il y a trois ans a été un moment décisif dans sa carrière.

« Faire mon MBA a vraiment changé ma vie », dit la sommelière, présidente de Productions Jessica Harnois, en entrevue téléphonique de sa maison à Shefford.

D’abord, parce qu’elle est sortie de son rôle d’experte en vins pour devenir une généraliste dans le domaine des affaires.

« Le MBA m’a amenée à comprendre le langage des affaires et à être à l’aise lorsque mon fiscaliste ou mon avocat me parle », affirme celle qui avait fait auparavant un baccalauréat en communications en même temps qu’elle travaillait comme aide-sommelière chez Toqué.

Elle a aussi réalisé que la perception des gens avait beaucoup changé une fois son MBA en poche.

Depuis que j’ai un MBA, mes pairs me prennent plus au sérieux. Avant, j’étais la sommelière. Maintenant, je fais partie du milieu des affaires.

Jessica Harnois, sommelière et présidente de Productions Jessica Harnois

Avec tous les projets qu’elle menait de front, la femme d’affaires avait besoin d’être prise au sérieux. C’est d’ailleurs pendant son MBA qu’elle a lancé la gamme de vins BÙ.

« On a eu un énorme succès, dès le départ », se souvient la femme de 40 ans.

Déléguer et bien choisir ses projets

Alors que sa renommée a grimpé en flèche, elle a aussi appris à faire des choix pendant ses études de deuxième cycle.

« Avant, je me sentais comme un gardien de but qui recevait plein de rondelles de partout, illustre-t-elle. Maintenant, je vois les rondelles comme des occasions qui se présentent à moi et je les trie par couleur. Les vertes, je les laisse passer sans problème, les jaunes aussi, mais les rouges, je ne peux pas les laisser passer parce que ce sont elles qui me font vraiment vibrer. »

Jessica Harnois, dont les deux parents sont entrepreneurs, a aussi appris à déléguer.

« On “haït” ça déléguer, mais il faut le faire, dit-elle. J’ai appris à lâcher prise, à être moins perfectionniste. En même temps, je me suis bien entourée. Par exemple, j’ai réalisé pendant mon MBA que je suis atteinte de dyscalculie : je confonds les chiffres. J’ai deux comptables maintenant. »

Le MBA pour cadres de l’UQAM, qu’elle a fait en allant chercher la double diplomation offerte avec l’Université Paris-Dauphine, lui a aussi permis de faire beaucoup de réseautage.

« J’ai rencontré énormément de gens pendant mes études, dont les Français avec qui j’étais jumelée, et nous sommes restés super proches, précise-t-elle. Quand j’ai un projet, j’en discute avec eux. »

Alors que sa fille avait 6 ans lorsqu’elle a réalisé son retour aux études, Jessica Harnois a toutefois dû travailler beaucoup – et dormir peu – pour obtenir son diplôme.

« Heureusement, j’étais super bien entourée et encouragée par ma famille, mes amis, mes collègues du travail et de l’école, affirme-t-elle. C’est essentiel pour réussir. J’ai tellement aimé apprendre que je veux maintenant commencer mon doctorat. »