Jus Dose a mis au point des jus pressés à froid, smoothies et boissons à base de noix pasteurisés de façon novatrice. Résultat : les produits biologiques de la jeune PME sont désormais vendus partout au Canada. L’entreprise de Saint-Hyacinthe, qui lorgne du côté des États-Unis à moyen terme, poursuit ses opérations malgré la pandémie de COVID-19. Portrait en cinq ingrédients.

Stéphane Champagne, Collaboration spéciale Stéphane Champagne, Collaboration spéciale
La Presse

L’urgence des débuts

Raphaël Hubert, entrepreneur en série de Montréal, et sa conjointe, Geneviève Brousseau-Provencher, ont suivi une cure maison aux « jus verts ». Une nouvelle idée de PME est née : commercialiser des jus bios qui goûteront comme ceux faits à la maison. À ses débuts, le tandem développait des jus frais dont la durée de vie était de seulement trois jours. « Il fallait livrer rapidement. Plus l’entreprise grossissait, moins on avait de marge de manœuvre », explique Raphaël Hubert, responsable des finances et des opérations.

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, ARCHIVES LA PRESSE

Les boissons de Jus Dose sont vendues au détail au Québec et en Ontario. On les retrouve également dans des Walmart partout au Canada.

Un allié qui change tout

Autrefois installée à Montréal, la PME a déménagé ses pénates à Saint-Hyacinthe. Pour plusieurs raisons : loyer moins cher, nombreux services d’aide aux entreprises, etc. Mais surtout, c’est à Saint-Hyacinthe que Jus Dose a trouvé son plus fidèle allié : Naturel XTD. Cette entreprise se spécialise dans la pasteurisation à froid. Ce procédé n’altérerait peu ou pas le goût des aliments. En plein ce dont Jus Dose avait besoin. Ainsi, en peu de temps, la durée de vie des jus réfrigérés de la PME est passée de 3 à 30 jours. Désormais, les produits bios de l’entreprise se conservent près de 100 jours.

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Chaque semaine, Jus Dose doit gérer quelque 35 tonnes de fruits et légumes bio.

Pas d’inventaire, tout est pressé

Commercialiser des jus frais en pressant soi-même ses fruits et légumes relève de l’exploit. Imaginez lorsqu’ils sont biologiques. Chaque semaine, Jus Dose doit gérer quelque 35 tonnes de fruits et légumes bios, dont les prix fluctuent. « On ne garde rien en inventaire ; tout est pressé chaque semaine », dit Geneviève Brousseau-Provencher, responsable des ventes et du marketing. Les 10 à 15 tonnes de pulpes résiduelles sont expédiées à des fabricants de nourritures pour le bétail. Comme un important volume des jus est expédié par la poste, la PME doit préparer des colis réfrigérés devant atteindre leur destination en moins de 24 heures. Sinon, les boissons de Jus Dose sont vendues au détail au Québec et en Ontario. On les retrouve également dans des Walmart partout au Canada.

Une rigueur payante

Les entrepreneurs ont travaillé très fort et n’ont pas brûlé les étapes. Ils ont commencé modestement et ont fait preuve de beaucoup de débrouillardise. Ils ont tout d’abord fait goûter, puis vendu leurs produits dans leur entourage. Ils ont fait des études de marché et des sondages, testé de nouvelles boissons, participé à des foires commerciales, etc. Bref, tout a été pensé et complété de façon logique. Pour le financement de l’entreprise, le love money a fait place aux anges financiers, puis aux investisseurs institutionnels. 

Prêts pour affronter les grands

Les fondateurs de Jus Dose, nouvellement parents, savent qu’ils ont une recette gagnante entre les mains. Ils se parent à toute éventualité. Ils ont récemment mis en place un comité consultatif. L’arrivée récente de nouveaux investisseurs institutionnels (et désormais coactionnaires) a par ailleurs nécessité la création d’un conseil d’administration. « On souhaite devenir une marque forte, pas seulement au Canada, mais éventuellement aux États-Unis, explique Raphaël Hubert. Pour le moment, on ne dérange pas beaucoup le marché. Mais quand ce sera le cas, de plus grandes entreprises vont s’intéresser à nous. On s’y prépare. »