La vie la vie, un restaurant au menu 100 % végétalien, est né à la suite d’un combat acharné contre un cancer. Son propriétaire, Joe Omobono, a réellement failli perdre la vie et il a décidé de se lancer en affaire avec la mission d’éduquer la population à manger sainement.

Sandra Sirois
Collaboration spéciale

Joe Omobono est né dans le quartier Saint-Michel, à Montréal. Ses parents, originaires de la Sicile, sont venus s’installer au Québec dans les années 70. Fils de restaurateurs, il a grandi en voyant ses parents œuvrer d’arrache-pied pour faire rouler l’entreprise familiale. Une fois adulte, Joe Omobono a ensuite travaillé comme maître d’hôtel dans un restaurant italien du Vieux-Longueuil pendant 14 ans. 

En 2007, il a été diagnostiqué d’un cancer qui l’a forcé à un arrêt de travail pendant plus d’un an. De retour au boulot en 2009, l’homme, qui doit encore aujourd’hui vivre avec des séquelles physiques dues à ses nombreuses chimiothérapies, a commencé à faire des recherches sur les bienfaits d’une alimentation riche en végétaux sur la santé. C’est finalement au printemps 2015 que son projet de restaurant La vie la vie a vu le jour.

Hasard et audace

Le choix d’établir son entreprise à Saint-Hyacinthe relève un peu du hasard. « Ma sœur avait une boutique au centre-ville de Saint-Hyacinthe. Un local s’est libéré juste à côté du sien et j’ai tenté ma chance. » À l’époque, Joe Omobono croyait répondre à un besoin, car les restaurants végétaliens à Saint-Hyacinthe étaient inexistants. Pourtant, plusieurs ont tenté de le décourager.

On disait que les gens à Saint-Hyacinthe étaient très traditionnels, qu’il n’y avait personne qui s’intéressait au végé. Il ne faut jamais écouter ces choses-là.

Joe Omobono

Après trois années où les profits se sont fait attendre, le restaurant est aujourd’hui rentable. Au départ, ses clients étaient principalement jeunes. Aujourd’hui, la mode végane est une tendance qui semble s’établir. « Maintenant, vous serez surpris de constater à quel point mes clients sont de tous les âges. La clientèle est toujours plus féminine que masculine, mais, même ça, c’est en train de s’équilibrer. »

Priorité au local

Ce qui est très intéressant pour le restaurateur, ce sont les petits producteurs de la région. « Tout ce que je peux aller chercher des producteurs locaux, je le priorise. » Joe Omobono prend aussi soin de choisir ses collaborateurs. « Est-ce que tout est bio ? La réponse est non. Je préfère bien connaître mon producteur et savoir comment il travaille, plutôt que d’acheter des aliments biologiques provenant du Mexique, par exemple. »

PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, LA PRESSE

La vie la vie vend aussi des produits des petits producteurs de la région.

L’homme, à qui on ne donnait pas une espérance de vie au-delà de l’âge de 40 ans, en a aujourd’hui 44. « Ce sont les projets qui me tiennent en vie ! […] Ce qui me garde allumé, c’est l’éducation. J’ai vraiment l’impression de faire une différence dans la vie des gens. » Malgré tout, ce désir d’aventure « végétalienne », au départ, inquiétait ses parents. « Aujourd’hui, ils sont super fiers, mais au début, mon père a eu très peur [rires]. Il a géré une pizzeria toute sa vie, ce qui était plus mainstream. Là, je me lançais dans quelque chose de plus pointu et marginal. » Ses parents passent maintenant une fois de temps en temps à Saint-Hyacinthe, afin de déguster un bon plat végétalien, préparé avec amour par leur bambino chéri.